Vieux, râleur et suicidaire - La Vie selon Ove : Le livre de Fredrik Backman
Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Enfermé dans sa routine maniaque, à cheval sur ses principes, il se méfie de tout et de tous. Depuis la mort de sa femme et son licenciement, tous les matins, il inspecte le quartier, peste contre les automobilistes, et cherche le meilleur moyen de se suicider. Le problème : un chat pelé et une tripotée de nouveaux voisins semblent bien décidés à ne pas le laisser mourir en paix...
" Vous vous délecterez des obsessions de ce personnage décalé, mais vous le quitterez avec un chat d'émotion dans la gorge. "
ELLE
" Péripéties en cascade et dialogues décalés. "
Le Figaro littéraire
De (auteur) : Fredrik Backman
Traduit par : Laurence Mennerich
Expérience de lecture
Avis Babelio
domi_troizarsouilles
• Il y a 1 mois
Énorme coup de cœur ! C’est seulement le 2e roman de cet auteur que je lis, et déjà le premier (« La petite ville des grands rêves ») avait reçu la note maximale de ma part ; celui-ci la reçoit également, alors qu’il lui est antérieur (et qu’on aurait donc pu croire, avec un a priori syndromique d’un premier roman, qu’il serait moins bon) et qu’il traite un sujet bien différent. J’ai trouvé un nouvel auteur favori – et quel dommage que si peu de ses titres soient traduits en français, alors que plusieurs le sont en anglais ou même dans d’autres langues comme l’italien par exemple, mais pas dans la nôtre… Et tant qu’à lire en traduction, je préférerais quand même que ce soit en français, puisque je ne connais pas le suédois ! En parlant de traduction… commençons par le gros point négatif de ce livre à mes yeux – mais qui n’est dû en rien à l’auteur, donc je n’en tiens pas compte pour ma note, mais ne peux m’empêcher de le commenter : ce titre est extrêmement mal traduit ! Argument commercial ? Peut-être est-ce que ça a fonctionné, mais pour moi c’est presque une hérésie ! La VO dit « En man som heter Ove », ce que Google traduit tout simple par « Un homme nommé/appelé Ove ». L’éditeur francophone a cru bon d’en rajouter des tonnes ; pourtant, « La vie selon Ove » aurait amplement suffi, tout en étant plus proche de la VO et, surtout, beaucoup plus correct ! Pour le reste… Vieux ? mais bon sang, notre protagoniste a 59 ans : est-ce cela, être vieux ? Alors mon mari est déjà croulant, et moi je suis presque-vieille ! En ce début de XXIe siècle (où se passe l’histoire, faut-il le préciser ?), qui ose encore dire à un quinquagénaire, ou même à un presque-soixantenaire, qu’il est vieux ?!? J’ai beau ne pas être adepte du jeunisme à tout prix, là je ne peux qu’être choquée, à voir qu’un éditeur pourtant sérieux (?) a pu accepter un tel adjectif pour désigner un homme de « seulement » 59 ans, adjectif que j’imagine sans mal proposé par un trentenaire pas tout à fait sorti de l’adolescence et qui s’est cru très malin… Râleur ? C’est peut-être la partie du titre la moins fausse, même si, après lecture du livre, je pense que « bourru » aurait été beaucoup plus approprié. Mais il faut croire que ce mot-là était trop compliqué pour notre trentenaire ! Suicidaire ? non mais sérieusement ?? notre adulescent a-t-il seulement lu le livre ? Et l’éditeur ? Certes, oui, notre Ove cherche à se suicider, et chaque jour est une nouvelle tentative chaque fois avortée. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est suicidaire, eh non ! Être suicidaire, c’est encore autre chose, il aurait suffi de consulter les différentes sources disponibles. Larousse : « Qui mène ou tend au suicide. » (raté pour Ove) ; Le Robert : « Du suicide ; qui mène au suicide. / Qui semble prédisposé au suicide. » (pas valable non plus : ce n’est pas parce que Ove imagine diverses mises en scène pour rejoindre sa femme, qu’il serait prédisposé au suicide – ce qui sous-entend un autre état d’esprit, qui n’est pas du tout celui d’Ove !). Mais plus intéressante encore est la définition ou même toute la page proposée par le CNRTL (voir https://www.cnrtl.fr/definition/suicidaire ), dont je vous mets la première occurrence : « (Celui, celle) qui est tenté par le suicide ou qui, par son passé, sa psychologie, son environnement, est ou semble prédisposé au suicide. » Non, Ove n’est pas « tenté par le suicide » (et encore moins prédisposé !) ; il est bel et bien dé-ci-dé à rejoindre sa femme disparue quelques mois plus tôt. Ce n’est pas une simple tentation, il organise tout ce qu’il faut pour y arriver, et seules diverses situations cocasses, provoquées notamment par une nouvelle voisine débordante d’énergie (et un chat aussi collant qu’indifférent) vont l’empêcher de « réussir » son passage à l’acte. Oui, les mots sont importants, et leur juste définition devrait être vérifiée pour ne pas induire le lecteur en erreur (ou pour ne pas divulgâcher, ce qui est bien un peu le cas ici, qui plus est de façon faussée !), surtout quand on choisit certains de ces mots pour un titre. Clairement, l’éditeur a voulu « frapper fort » ; mais moi, maintenant que j’ai lu le livre et compris à quel point un tel titre est peu approprié, j’ai surtout l’impression que l’éditeur soit n’a rien compris, soit se fout complètement de ses lecteurs, à conditions de pouvoir vendre son livre ! Car, oui, « vieux, râleur et suicidaire », c’est du pur racolage, et visiblement on s’en moque si ce n’est pas vraiment ça, du moment que le péquenaud achète. J’enrage ! Oui, je suis profondément choquée par ce titre, car en réalité ce racolage bas-de-gamme casse aussi toute la sensibilité qui émane de cette histoire qui se veut humoristique, et j’ai bien ri à plus d’une reprise, mais qui est aussi empreinte d’une grande humanité à travers des situations parfois rocambolesques, mais parfois très tendres aussi. Dans une alternance de chapitres qui racontent, d’une part, le quotidien d’Ove où il ne se retrouve plus depuis le décès de sa femme adorée et, d’autre part, leur histoire d’amour et puis leur quotidien à deux, l’auteur présente un homme intègre, travailleur à l’ancienne et avec un sens aigu du devoir bien fait, droit, carré (car « un carré est un carré, un point c’est tout ! »), plus taiseux que la moyenne mais avec le cœur sur la main sans avoir besoin de se mettre en avant, à aucun moment. Un homme qui n’est pas né à la bonne époque, comme dira d’ailleurs sa femme, Sonja, à un moment donné. Une femme dont on parle avec tellement d’amour et de beauté qu’on a l’impression qu’elle est une personnage principale aux côtés d’Ove, malgré son absence… C’est d’ailleurs résumé par un mini-paragraphe que j’ai trouvé magnifique, une véritable déclaration d’amour toute en finesse, à la page 53 du broché : « Les gens affirmaient qu’Ove ne voyait le monde qu’en noir et blanc. Et elle [Sonja] était les couleurs. Toutes les couleurs. » et, quelques chapitres plus loin (page 121) : « Et un matin, il l’aperçut. Elle avait les cheveux bruns et les yeux bleus et des chaussures rouges et une grande barrette jaune. Ove ne verrait plus jamais la vie en noir et blanc. » C’est bien simple : j’adore ! Il fallait bien sûr ce chat errant blessé mais enquiquineur, et surtout une nouvelle voisine, étrangère (Iranienne) mariée avec un Suédois « empoté » (selon Ove), au tempérament de feu au moins équivalent à celui de la disparue si chère au cœur d’Ove, pour que le quotidien du jeune veuf (bah oui !) s’en trouve peu à peu bouleversé. À leurs côtés, on croise toute une galerie de personnages récurrents, où l’auteur prouve qu’il n’a peur ni des mots ni des clichés – et qui tournent en dérision certaines de nos précautions bien politiquement correctes : on rencontre ainsi Jimmy « l’obèse », mais consultant informatique qu’Ove va prendre sous sa protection, ou encore Mirsad « la personne pédée » - puisqu’on ne peut plus dire « pédé » tout court, et que Ove ne se soucie pas de s’embarrasser d’une expression telle que la « personne homosexuelle », ne comprenant pas pourquoi il faut mettre autant de gants autour d’une orientation sexuelle sur laquelle il n’a de toute façon aucun avis (et certainement pas négatif), puisque chacun fait ce qu’il veut. Correcteurs forcenés de tout poil, abstenez-vous de lire cela si vous êtes choqué, car la scène où Ove apprend que Mirsad préfère les hommes est tout simplement hilarante, dans un jeu de mots savoureux, qui feraient tourner en bourrique n’importe quel esprit bien-pensant qui n’y verrait pas le second degré, d’autant plus qu’il en ressort qu’Ove respecte tout un chacun tel qu’il est (et mieux encore s’il roule en Saab, toute une histoire que je ne vais pas divulgâcher !), tout simplement, et une fois encore, sans en faire des tonnes. Bref, ce roman est une pépite d’humanité et de sensibilité, sans exclure des scènes réellement hilarantes, et même s’il faut parfois un peu (beaucoup) gratter une surface faite de bougonnerie et de principes qui peuvent paraître dépassés à notre époque (d’où le « vieux », sans doute : notre adulescent aurait quand même un peu réfléchi ?) mais sans lesquels cette magnifique histoire d’amour n’aurait pas été possible, une histoire toute en couleurs qui rayonnent encore après avoir refermé le livre !
caeliabooks
• Il y a 7 mois
Comment ne pas aimer les personnages écrits par Fredrik ? Ils sont criants de réalisme. Ove, c’est un peu ce papy râleur qui n’aime jamais rien, qui déteste tout le monde, mais que l’on surprend toujours en train d’utiliser son grand coeur pour aider les autres. Ove a perdu sa femme et veut se suicider pour retrouver sa dulcinée. Rien ne se passe comme prévu lorsque de nouveaux voisins débarquent dans son quartier résidentiel, et bousculent totalement ses habitudes. Ils nous font découvrir Ove et toutes ses facettes, au milieu de souvenirs mémorables du vieil homme. Avec Anxious People, j’avais déjà beaucoup aimé le style rafraîchissant de Fredrik. Tout en réalisme et en importance. Il y a le thème du deuil, du suicide, bref la mort est omniprésente. Pourtant, Fredrik nous livre ce message avec humour. Les personnages sont drôles, avec chacun une personnalité propre bien que certains soient très secondaires. Personne, ni rien, n’est laissé au hasard avec Backman. Et c’est ce mélange presque parfait qui donne des oeuvres qui font passer du rire aux larmes. Parce que oui, j’ai lâché une larme vers la fin. Il est difficile de ne pas se reconnaître dans les oeuvres de Fredrik, quelle que soit l’histoire, quel que soit le personnage. Il y a toujours un quelque chose qui me lie à eux, un truc presque intime. Moins coup de coeur qu’Anxious people, mais tout de même brillant !
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Romans , Roman Étranger
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- EAN
- 9782266254762
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- Collection ou Série
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- Format
- Poche
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- Nombre de pages
- 384
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- Dimensions
- 179 x 110 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
8,70 € Poche 384 pages