La grâce : Le livre de Thibault de Montaigu
Il y a quatre ans, j'ai sombré dans une vertigineuse dépression. Je ne trouvais plus aucun sens à l'existence. Jusqu'à cette nuit, dans la chapelle d'un monastère, où j'ai été touché par la grâce. Par la sensation inouïe d'un contact charnel avec Dieu.
Pour moi qui ai toujours été athée, cette révélation relevait de l'incompréhensible. Quel en était le sens ? Qu'avais-je éprouvé réellement ? Était-il possible qu'un au-delà existe ? Une seule personne pouvait me répondre : Christian.
Cet oncle, frère franciscain, que je connaissais à peine, allait être emporté par la maladie au moment-même où je renouais avec lui. Mais à sa mort, je découvris, renversé, que Christian avait été touché par la grâce à 37 ans. Comme moi. Et qu'il avait vécu jusqu'à cet âge une vie de fêtes et d'excès, en parfaite opposition avec la foi. Comme moi aussi. En enquêtant sur ce destin extraordinaire qui l'avait vu troquer le smoking des soirées mondaines pour la robe de bure des frères mineurs, j'ai essayé d'approcher au plus près ce miracle qui fait surgir la lumière au plus profond de la noirceur. Et des étincelles de grâce, que l'on croit ou pas, dans la brume de nos quotidiens.
De (auteur) : Thibault de Montaigu
Ressources
- La grâce - 1er chapitre Télécharger
Expérience de lecture
Avis des libraires
Avis Babelio
elisecorbani
• Il y a 1 mois
J'ignorais tout de ce livre et de son auteur avant de croiser une boîte à livre rurale bien garnie. Bonne pioche pour moi car j'ai été très touchée par cette enquête familiale sur le thème de la conversion. Certes, on y retrouve beaucoup de schémas un peu stéréotypés sur le sujet, Thibault de Montaigu pouvant être caricaturé comme produit de la bourgeoisie intello (famille Gallimard) et de l'aristocratie décadente (famille Tassin de Montaigu). Mais la plume de l'auteur et la richesse de sa réflexion dépassent largement le stéréotype, à condition de ne pas être allergique à ce type de littérature nombriliste parisienne. Pourquoi et comment bascule t'on dans la foi ? Est ce que la conversion change nos vies, qu'est ce que la foi change dans nos vies, ou pas ? Consacrer sa vie à Dieu est-il une issue de secours ? Parti sur les traces de la vocation franciscaine de son oncle Christian, alors que lui même s'interroge sur une forme de basculement intérieur qu'il a vécue, Thibault de Montaigu voyage, enquête, dépasse les mythes familiaux, se confronte à l'envers de la vie religieuse, découvre la vie de St François d'Assise et sonde le mystère de sa fascination biographique pour le meurtrier en cavale Dupont de Ligonnès. Dans ce témoignage très inscrit dans son époque, l'auteur perpétue finalement une tradition très catholique, topos hagiographique, celui du basculement du péché vers la grâce. C'est évidemment très personnel, souvent lyrique, parfois intime, sincère évidemment, et très juste, à mon sens, et probablement pour ceux qui n'ont pas peur des écorchés vifs du catholicisme.
Lune
• Il y a 1 mois
De l’athéisme affirmé à la croyance : grâce et spiritualité qui soudainement atteignent un être au plus mal de lui-même. Comme c’est curieux, il semble que bien souvent ce sont certains qui reçoivent le signe de Dieu… La religion est du domaine de l’intime, l’auteur le dépasse en nous racontant sa conversion et surtout celle de son oncle franciscain avec qui il lui paraît partager un nombre de points communs. Vie dissolue, les années 60/70 en sont pour quelque chose, le sexe se libère, outrepasse la morale confite des milieux bourgeois et aristocratiques (même une princesse belge revendique une liberté qui n’hésite pas à se droguer). Milieux interlopes jusqu’à la déchéance qui aboutira à une remontée victorieuse pour l’oncle qui prononcera ses voeux mais chez qui l’on perçoit toujours l’influence du milieu (nul n’y échappe, on le dit clairement) parallèlement à son dévouement aux « petits », aux « marginaux ». L’auteur aussi raconte son mal être, sa recherche et nous balance un Dupont de Ligonnès détonnateur étonnant de son cheminement qui lui fera rencontrer la grâce. Deux êtres qui tendent leur coeur détruit vers l’essence divine : « Je deviens moi à travers la grâce, avec les autres, pour les autres ». Nous passerons aussi par les détails de la folie humaine devant les voix divines parlant à certains privilégiés, les excès religieux qui dénotent d’une hystérie dont la psychanalyse pourrait faire cas d’école, les petits esprits au sein d’une communauté, les privations bien-aimées pour être au plus près de la règle de Saint-François d’Assise dont nous avons droit à quelques pages biographiques et tant de petits détails qui confortent les uns, hérissent les autres. Lorsqu’on lit un tel témoignage, on se pose des questions sur son utilité, son apport. Le, les messages transmis par l’auteur se confortent dans les dernières pages. Qu’attend-il de nous, lecteurs, une prise de conscience, un retour en grâce pour les athées, un espoir pour ceux qui sont mal, une musique bien connue de celui qui vit profondément sa croyance, un chemin pour se découvrir et faire la paix avec soi-même? Un bouillement de questions? L’écriture lui a permis de se dire, de poursuivre sa propre thérapie. À chacun sa réponse. Ici nous recevons celle d’un homme : Thibaut de Montaigu. La mienne sera plus réservée, entre intérêt de découvrir le cheminement de quelqu’un, ses lacs et entrelacs et quelque chose de dérangeant parmi ce fatras de mal, de bien, de Dieu qui se penche sur nous et confère cette grâce à certains dont le déséquilibre l’attendait, tant mieux pour eux…
RonanBreizh
• Il y a 4 mois
J’ai volontairement laissé passer quelques jours avant de me lancer dans la rédaction de cette chronique. Mais rien n’y fait. Je suis sorti groggy de cette lecture et durablement marqué. Je le sens, l’écho des mots de l’auteur est profond. Ils se cognent à mes failles intérieures. Ils viennent presser mon intelligence et buriner mon cœur. Et c’est là la grâce de Thibault de Montaigu que de parler à nos entrailles. Mais avec un tel sujet, pouvait-il réellement en être autrement ? Qu’est-ce que la grâce sinon un cadeau aussi précieux qu’immérité ? Cadeau bien encombrant puisqu’il nous oblige à quitter nos certitudes et nos habitudes. Cadeau bien déroutant puisqu’à sa lumière se révèlent toutes nos ombres. Faire grâce. Non pas oublier en une amnésie libératrice, non pas effacer d’un trait de volonté mais au contraire, tout recouvrir du manteau de la compassion, de l’amour infini, incorruptible, irraisonné… Le combat, dès lors, n’est plus de conquérir la grâce, moins encore de la mériter mais seulement de l’accueillir jusque dans nos pauvretés les plus obscures. J’ai été gêné, dérouté, dérangé par certains passages et leurs débordements d’une humanité sans fard / phare. Mais précisément, c’est là que la grâce avait rendez-vous avec l’auteur et avec son oncle. C’est là qu’elle devait déposer son onguent pour restaurer, guérir, sauver. Non, décidément je ne referme pas ce livre indemne. Et cela est une vraie grâce. Merci à son auteur.
Avis des membres
Fiche technique du livre
-
- Genres
- Romans , Roman Français
-
- EAN
- 9782259284370
-
- Collection ou Série
-
- Format
- Grand format
-
- Nombre de pages
- 368
-
- Dimensions
- 212 x 137 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
20,00 € Grand format 368 pages