Les Champs de la Lune : Le livre de Catherine Dufour
Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas la Lune ? Mais la vie est rude sous le feu blanc du soleil. À l'abri de son dôme agricole près du cratère Lalande, une fermière regarde les moissons et les générations s'élever et retomber comme les marées terrestres.
Le soir, au clair de la Terre, elle parle avec son chat des fièvres qui frappent les humains, des fissures qui menacent la survie de la ferme, des enfants saisis par l'appel du vide, des robots fous et des fleurs dans la mer de la Tranquilité.
Son quotidien bascule le jour où on lui confie le soin d'une petite
fille a la main verte. Qui fera éclore l'autre ?
De (auteur) : Catherine Dufour
Expérience de lecture
Avis Babelio
VicMick73
• Il y a 2 semaines
Je partais un peu défaitiste en ouvrant ce livre, mais j’avoue avoir été agréablement surprise, même très engagée dans ma lecture sur la première partie, j’ai voyagé sur la Lune grâce à celui-ci. Mais j’ai malheureusement été lassée sur la deuxième moitié, le récit devient assez ennuyeux. Nous sommes donc dans le futur, en 2325. Les humains se sont réfugiés sur la Lune, ou plutôt dans les sous-sol de celle-ci, une nouvelle ère a déjà bien débuté depuis un certain temps, avec tous ses lots d’inquiétudes aussi. El-Jarline, femme humanoïde s’occupant d’une ferme arboricole abritée sous un Dôme lunaire à la surface de la Lune, nous témoigne de son quotidien sous la forme d’un journal, et surtout des problèmes qu’elle constate sans qu’ils soient pris en compte, notamment une fissure présente sur un côté du Dôme qui ne fait que de s’élargir, ou encore d’une espèce de méduse, la minicola, qui se reproduit à grande vitesse et se nourrit de la roche où sont sauvegardés les Soulunaires, les nouveaux humains donc, mourant petit à petit de fièvre aspic. En parallèle, on fait la connaissance de la petite humaine native de la Lune, Sileqi, qui aimerait devenir son apprenti-herboriste. Une belle complicité naîtra entre elles. C’est un beau roman en soit avec un fond écologique très percutant. La Terre se meurt à cause des Humains, ils arrivent à se réfugier ailleurs, et pourtant… tout se répète, les guerres, les gangs, la pauvreté, la cruauté, la pollution… L’Humain n’est bon qu’à être jeté ! C’est vraiment dommage de ressentir une lassitude, car le début du roman était vraiment bien parti, la suite n’a pas été aussi mystérieuse, et la fin m’a déçue. La plume est en revanche très belle et très structurée, des mots saisissants.
mikhasaru
• Il y a 3 semaines
Avec " les champs de la lune", je découvre pour la première fois un texte de Catherine Dufour. C'est un récit qui avait une odeur un peu oldschool je trouve, peu d'action, une intrigue légère subtilement distillée tout au long du récit, un final sommes toute assez classique mais qui encore une fois... fonctionne très bien. Je me suis quelque peu ennuyé durant ma lecture, il me manquait un petit quelque chose pour pleinement m'immerger dans l'histoire. Cependant, et c'est certainement la grande force du livre, la plume de madame Dufour, cette plume qui paraît naïve mais ne l'est pas, pleine de douceur et de percussion. C'est clairement le point fort du texte, même avec une histoire peu palpitante, C.Dufour nous capte par sa prose dans son petit monde plein de regolithe :) On est clairement face à un livre chill, avec une réflexion cachée au détours de jolies phrasés. Ça ressemble à un petit chef d'oeuvre qui fera date.
Bleuopale
• Il y a 4 semaines
El-jardine est fermière de la cité lunaire de Mut. Sous un dôme de duraglace, elle cultive à la surface de la Lune de nombreuses variétés de plantes terrestres afin, entre autre, que les gens de la cité de Mut puisse sortir de leurs tunnels pour admirer un vrai jardin. Le roman est rédigé comme une suite de rapports écrits par El-Jardine sur son activité de fermière et sur sa vie aux abords de la cité. De rapports qui évolue au fil des évènement : de très techniques à ceux rédigés comme un journal intime, on entrevoit ce qu’est la vie sur la Lune, loin, très loin des programmes de la conquête spatiale et de la Terre.Dans Les Champs de la Lune, Catherine Dufour nous entraîne dans un récit à la fois mélancolique et envoûtant qui nous fait découvrir ce que pourrait être la vie sur la Lune. A l’aide des rapports d’El-Jardine, l’autrice nous dessine le quotidien lunaire de cette fermière entre responsabilité et patience où tout ne tient qu’à un fil. Dans ce futur, l’espoir s’étiole, les humains sont retranchés dans le sous-sol lunaire et chaque vestige du passé résonne comme des regrets que l’Humanité essaye d’oublier. À travers son héroïne, Catherine Dufour nous raconte un monde en ruine, loin de certaines apocalypses spectaculaires, on entrevoit la lente désintégration de ce qui fut. Les Champs de la Lune joue sur une partition intime, les réflexions d’El-Jardine, au travers des rencontres qu’elle fait et de son travail. Il n’y a pas à dire, Catherine Dufour a une plume qui ne laisse pas indifférent. Aussi bien pour décrire les décors lunaires que pour nous dépeindre les souffrances de ses personnages, on est emporté par un récit qui marque et qui fascine par son ton profondément doux amer, presque onirique… Devant cette humanité qui, même au bord de l’extinction, ne sait pas se regrouper et continue à condamner sans recours possible, l’autrice laisse entrevoir une autre route, où l’Humanité ne serait pas indispensable. Disons que le futur que nous décrit l’autrice est peu tentant et que la science-fiction se fait ici le miroir d’une humanité au bord du gouffre. En refermant le livre, j’ai gardé un profond sentiment de mélancolie douce amère dont je n’arrive pas à me débarrasser dès que j’y pense. Beau mais dérangeant… car sous le clair de Terre qui se meure, l’Humanité n’est plus qu’un vestige d’elle-même. Et ensuite ? Encore un très beau roman de la part de cette autrice que je vais continuer à lire #128521; , peut-être moins facile d’accès que Au bal des absents mais très touchant : un récit où tout ne tient qu’à un fil.
Benardo
• Il y a 1 mois
Moisson Lune #x1f319 Eh bien, difficile de dire que mon alunissage s’est fait en douceur, tant le mal de Lune m’a frappé dès les premières pages. Heurté par le vocabulaire horticole, spécialisé et aménagé pour notre croissant préféré, j'ai failli même vite repartir sur Terre. Mais parfois quand on quitte sa planète, c'est peut-être normal de mettre du temps à s'acclimater. Et puis tout de même, Bookausorus.rex (compte que je conseille sur insta) avait fait une si belle revue de ce livre, que je devais lui faire honneur en allant au bout de mon effort. Bon, pour reparler du langage technique, c'est marrant, car la narratrice est en fait une horticultrice s'occupant d'une ferme en surface de la Lune. Elle s'exprime à travers des rapports qu'elle envoie à son employeur, la cité de Mut, une cité soulunaire au cœur de la Lune. Alors qu'on lui reproche sa façon de s'exprimer, trop étriquée, trop technique, elle télécharge une base de données littéraire qui l'aide à s'ouvrir à l'écriture. Et puis, au fil des pages, celle-ci se fait plus fluide, plus naturelle. Jusqu'à devenir gracieuse et subtilement poétique. "Je vais faire l'effort d'entrer dans la pensée poétique de cette enfant, dans la bulle de rêves où elle vit, si je peux". N'est-ce donc joli comme tout ça ? Mais ça ne s'arrête pas à cette poésie, il y a aussi un fort pouvoir d'immersion dans ce livre, qui se crée par l'utilisation de la narration via un carnet de bord qui permet de planter efficacement le décor. Et cela continue avec notre héroïne, pour qui on se prend d'affection, et qui se développe au fur et à mesure que l'histoire progresse, au même rythme que sa personnalité, que son humanité. C'est d'ailleurs une très fine observatrice de la nature humaine à travers la description qu'elle fait des hommes et femmes (et animaux) dits soulunaires. "Chez les citadins soulunaires, chaque nouvelle information s'agrège non comme un élément dans un ensemble, mais comme une goutte de réactif qui modifie le mélange et ses propriétés. C'est une belle façon de dire que la psyché humaine n'est pas mécanique mais chimique. Et que son action sur l'environnement peut évoluer, au gré des précipités, jusqu'à être détonante." J'aime beaucoup parce que n'étant pas toujours à l'aise sur la façon de s'exprimer, elle se perd parfois dans un langage pointu qu'il soit horticole ou ethnologique, mais elle se reprend alors pour recommencer à vulgariser ses propos. Et quand viennent les moments où elle se penche sur sa propre humanité, c'est simplement délicieux. Je n'en dirai pas plus, c'est un livre qui se déguste et pour lequel il faut prendre un minimum son temps pour s'imprégner de sa puissance. Je suis content d'avoir pu découvrir la plume d'une autrice française que je ne connaissais pas, malgré ses références dans le monde de l'imaginaire. Il ne fait nul doute que je m'empresserai de faire grossir un peu plus ma goinfre de PàL avec une autre de ses œuvres, Le goût de l'immortalité ou Outrages et Rebellion.
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Romans , Roman Science-Fiction Dystopie
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- EAN
- 9782221274552
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- Collection ou Série
- Ailleurs et Demain
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- Format
- Grand format
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- Nombre de pages
- 288
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- Dimensions
- 217 x 136 mm
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20,50 € Grand format 288 pages