Dictionnaire amoureux d'Albert Camus : Le livre de Mohammed Aïssaoui
" J'ai longtemps pensé que j'étais le seul au monde à connaître Albert Camus, à le comprendre, et qu'il n'écrivait que pour moi. Camus, c'est mon père, mon frère, mon professeur, mon ami. Il me console des chagrins de l'existence. Avec lui, je ne me sens jamais seul. Je le comprends mieux que quiconque. Nul n'avait vécu ce que lui et moi avions vécu : la pauvreté, le vertigineux écart social entre notre milieu d'origine et celui auquel nous avons accédé, la mère analphabète qui ne lira jamais les livres que nous avons écrits, la honte, la condescendance. Mais également le douloureux écartèlement entre deux pays, deux mondes : la France et l'Algérie. Je croyais qu'il avait pris sa plume pour me dire : "Tu vois, tu n'es pas seul.' Plus tard, j'ai compris que Camus n'était pas qu'à moi ! Nous sommes des milliers, des millions même, à l'aimer. Il est de ceux qui élargissent le cœur et l'esprit.
Dans ma vie de journaliste, le moment le plus décisif a été la rencontre avec sa fille, Catherine, à Lourmarin, dans le Luberon. Elle m'a ouvert à l'écrivain mais aussi et surtout à l'homme qui était son père. Je la considère comme ma sœur. Alors, ce Dictionnaire amoureux, je ne pouvais pas le faire sans elle, sans sa complicité. Je la remercie, ici, pour ses confidences, sa générosité et son hospitalité. "
De (auteur) : Mohammed Aïssaoui
Autre : Catherine Camus
Expérience de lecture
Avis Babelio
Polomarco
• Il y a 1 mois
Premier dictionnaire amoureux que je lis, ce ne sera probablement pas le dernier. Dictionnaire, car plusieurs mots-clés, composant une sorte de puzzle, sont classés de A à Z. Ces mots servent de clés d'entrée pour pénétrer dans l'univers d'Albert Camus. Un univers centré sur la condition humaine, qu'il a su analyser avec autant de lucidité que d'empathie. Ils permettent aussi de rendre toujours plus attachant l'enfant pauvre d'Alger devenu Prix Nobel de littérature. Dictionnaire amoureux, car on y sent toute l'admiration que l'auteur -aidé par Catherine Camus, la fille d'Albert- porte à Albert Camus, un vrai cri du coeur. On y découvre, d'abord, les oeuvres d'Albert Camus. Par opposition à ses oeuvres -majeures-, Catherine Camus, qui avait quatorze ans à la mort de son père, se présente avec humour comme son "oeuvre mineure" (Catherine Camus). Au-delà de son théâtre, de ses essais, de ses nouvelles (L'Envers et l'Endroit, Noces, L'Eté, L'Exil et le Royaume), de ses romans, mentionnons les mots qui désignent les trois cycles d'une oeuvre auxquels Albert Camus songeait dès 1942 : l'Absurde ; la Révolte ; l'Amour. Cette année-là, il publie en effet son premier roman, L'Etranger, et son essai le Mythe de Sisyphe. Avec les deux pièces de théâtre, Caligula en 1942, et le malentendu en 1944, ils forment le cycle de l'absurde. Selon François Mauriac, autre Prix Nobel de littérature, "en dénonçant l'absurdité de la condition humaine, Camus a mis l'accent sur l'impasse dans laquelle se trouve une génération qui a renoncé à Dieu" (Réactions à sa mort). le cycle de la révolte, qui suit, est une réponse directe à l'absurde. Il est exprimé par quatre de ses oeuvres : le roman La Peste (1947), les pièces de théâtre L'État de siège (1948) et Les Justes (1949), puis l'essai L'Homme révolté (1951), qui acte sa rupture avec Jean-Paul Sartre. le cycle de l'amour, enfin, c'est celui qui devait venir après la révolte ; mais la mort d'Albert Camus en 1960 "l'a empêché de nous offrir ce cycle dont on a juste un goût d'inachevé avec le Premier Homme" (Amour). On y découvre aussi ses amis, les lieux qui lui étaient chers, les dix mots qu'il affectionnait le plus, les femmes auprès de qui son charme opérait. On y décèle un réel "amour pour son pays natal et ceux qui le composent. Il n'a jamais séparé les deux" (Algérie, Algérien). Car Albert Camus a aimé la vie, plus qu'il ne semble en avoir été aimé. Dans Retour à Tipasa, une des nouvelles du recueil L'Été, n'écrit-il pas "Car il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne pas aimer" ? Brocardé pour ses origines modestes, traité comme Algérien en France et comme Français en Algérie, considéré comme un philosophe pour classes terminales, méprisé pour son Prix Nobel par Jean-Paul Sartre, qui déclare : "Bien fait pour Camus" (Mépris), l'accident du 4 janvier 1960 lui portera le coup fatal. Depuis, l'amour qu'il portait à l'Algérie ne lui a pas été rendu, aucune rue d'Oran ou d'Alger ne portant son nom, et aucune plaque n'étant apposée non plus sur l'immeuble de Belcourt où il a grandi... Ainsi, peut-on qualifier Albert Camus à la fois de solidaire et de solitaire, comme son personnage de Jonas, une des nouvelles de L'Exil et le Royaume. En refermant ce beau livre, on redécouvre l'itinéraire d'un enfant pauvre d'Alger, né d'une mère illettrée et d'un père mort pour la France dans les premiers jours de la première guerre mondiale, qui le conduira au Prix Nobel de littérature à 44 ans, sans passer par l'étape d'un prix littéraire français. Plus de soixante ans après sa mort, la pertinence de son analyse et la concision de son style, propice aux citations, et des titres de ses ouvrages, font d'Albert Camus un modèle dans l'art de résister à l'air du temps (Jean Daniel). NB : les mots entre parenthèses renvoient aux différentes entrées de ce dictionnaire amoureux.
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Classiques et Littérature , Biographies Littéraires
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- EAN
- 9782259305556
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- Collection ou Série
- Dictionnaire amoureux
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- Format
- Grand format
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- Nombre de pages
- 528
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- Dimensions
- 202 x 133 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
28,00 € Grand format 528 pages