La vingt-cinquième heure : Le livre de Virgil Gheorghiu

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La 25e Heure est l'effroyable histoire de Iohann Moritz.
Paysan roumain décrété juif sur dénonciation, il est tour à tour enfermé dans un camp de travail, torturé par les Hongrois, vendu aux Allemands qui, après lui avoir fait subir les pires ignominies, le reconnaissent comme l'un des leurs et lui donnent un uniforme SS.
Prisonnier des Américains, il sera traduit devant le tribunal de Nuremberg où cinquante-deux nations le déclarent criminel de guerre...
Plongé dans un univers absurde où l'individu broyé par l'administration n'existe plus, où l'idée de bonheur se perd dans la nuit des temps, Iohann nous renvoie l'image d'une humanité en déroute.

" Cela dépasse la littérature. Le livre vous brasse et vous remue jusqu'aux plages les plus lointaines de l'être. " Max-Pol Fouchet

De (auteur) : Virgil Gheorghiu
Traduit par : Monique Saint-Côme
Préface de : Gabriel Marcel

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Expérience de lecture

Avis des libraires

" Cela dépasse la littérature. Le livre vous brasse et vous remue jusqu'aux plages les plus lointaines de l'être. "

Max-Pol Fouchet

PRESSE

Avis Babelio

Soundandfury

4.50 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Aussi dérangeant que fascinant, voici l'avant-dernier titre de la sélection de notre club de lecture. J'étais prévenue, c'est en effet "plombant", pour reprendre l'expression de celles qui l'ont lu avant moi. 1939, Roumanie. Le malheureux Iohann Moritz, est embarqué comme juif alors qu'il ne l'est pas. C'est seulement le petit chefaillon du coin qui pense en profiter pour se taper sa femme. Commence alors pour Moritz un périple insensé, qui fait penser à un roman de Kafka, puisqu'il sera toujours vu, partout, de camps de travail en camps de concentration, comme celui qu'il n'est pas. Faux juif, évadé en Hongrie il passe pour un espion roumain, puis auprès des allemands pour un aryen des plus purs, auprès des américains pour un SS. Tour à tour prisonnier ou geôlier, évadé, enrôlé, enfermé, marié, embauché, manipulé, torturé et surtout incessamment déplacé, mais jamais reconnu. Jamais identifié. D'ailleurs, qui est vraiment Iohann Moritz ? C'est un peu ce qui échappe à notre lecture. Une sorte de benêt placide ? Une allégorie de l'impuissance ? Un pion entre les mains de la destinée ? Une figure qui illustre une théorie ? Un simple paysan roumain aspiré par le tourbillon de l'Histoire ? Ce triste récit d'une décennie perdue par un homme, une décennie de souffrance pour rien, sans autre raison que le bref éclat de concupiscence d'un petit officier de police locale se mêle à un autre récit, ou plutôt à une autre présence, celle de Traian fils d'un prêtre orthodoxe, écrivain visionnaire, obsédé par sa 25e heure et par ce qu'il nomme "la société technique", dérive de l'humanité qui, en s'accoquinant avec les machines, efface et oublie les individus, êtres singuliers, pour ne plus considérer que les étiquettes qu'on leur colle et les catégories dans lesquelles on les range. Moritz est ainsi - peut-être, c'est moi qui le propose - son personnage en acte. Son exemple vivant. Son témoin. "Les pays civilisés voient les choses en grand. Ils ne s'occupent pas des cas individuels." "Les hommes peuvent dompter toutes les bêtes sauvages. Mais, depuis quelque temps, une nouvelle espèce d'animal est apparue sur la surface du globe. Cette espèce a un nom : les Citoyens. Ils ne vivent ni dans les bois, ni dans la jungle, mais dans les bureaux. Cependant ils sont plus cruels que les bêtes sauvages de la jungle. Ils sont nés du croisement de l'homme avec les machines." "Tout simplement nous ne sommes pas. Nous existons seulement en tant que fractions infinitésimales d'une catégorie." Il y a des passages incroyables, des bijoux d'absurdité argumentative, sous la plume de Traian. J'aurais aimé connaître ce livre quand j'enseignais encore. Ou bien ç'aurait été une erreur de l'aborder (cf. ci-dessous). Quand je l'ai refermé, je me suis demandé ce que je venais de lire. Est-ce que c'était un texte connu ? Je ne suis pas très calée en littérature des pays de l'Est. J'étais encore captive de ce souffle étrange et je cherchais - je cherche encore - le bon qualificatif. Pas épique, mais illuminé. Un mot en rapport avec l'extase, mais dans une version sombre. Une sorte de transe, de prêche. Comme si l'auteur était fou, habité. Je sentais que je venais de lire une œuvre dont je me souviendrais longtemps. Mais difficile à partager. Trop sombre. Surtout, j'étais incapable de dater le texte, moderne à travers Traian, narration plus traditionnelle avec Moritz. Cette histoire d'hommes asservis par les machines... avait-elle été écrite en 2020 ou 1960 ? Je penchais pour 2020 ... et j'ai perdu. Roman de 1949 ! A chaud. J'ai lu un morceau de la biographie de l'auteur, il a mis de son existence dans le roman c'est indéniable. 1949, quand même... De quoi être sombre. Et puis j'ai lu qu'il y avait autour de Gheorghiu une odeur de souffre. Des soupçons d'antisémitisme. ça m'a fait mal au cœur. Je suis à la fois déçue et surprise. Je n'avais pas senti ça dans le roman. Tout et tout le monde m'y a semblé aussi écrasé, malmené, condamné, les communistes comme les occidentaux ou les allemands. Tous également dans l'erreur. Tous si proches de la 25e heure et du non-retour. J'ai lu que c'était justement ça le problème, ce pied d'égalité. Ce qui s'entend. J'en reviens au début: aussi dérangeant que fascinant.

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EBONNAVE

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 2 mois

Bon nombre d’entre nous connaissent le film d’Henri Verneuil réalisé en 1967, mais peu savent qu’il est tiré d’un roman (1949) écrit par le prêtre Virgil Gheorghiu, qui fut diplômé en philosophie de l’Université de Bucarest avant de s’orienter vers la théologie puis les ordres au sein de l’Église orthodoxe. Le film fait abstraction du début de l’ouvrage, notamment du chapitre 15 où l’auteur se met en scène et joue les visionnaires, prédisant un avenir sombre pour l’humanité. Son concept d’« esclave technique » est pour le moins singulier et donne à l’histoire qui va suivre un tour très actuel. Le prêtre roumain va se muer en visionnaire, à l’image d’autres qui l’ont précédé, tels que Zariatine ou Orwell. L’ouvrage nous éclaire sur notre temps, car l’auteur parle de société technique occidentale ayant « pour principe de ne rien laisser se détériorer. Il est de notre devoir de demander aux nations moins civilisées que les nôtres de ne pas se comporter, à l’égard des objets qui leur sont confiés, en barbares. Notre mission est de civiliser la terre entière ! Cela est notre rôle. Et nous en sommes fiers. » Ainsi s’exprime l’officier américain à l’entrée dans la guerre froide. Des paroles messianistes qui ont pour but de justifier une troisième guerre mondiale afin d’établir un ordre planétaire unique. Une société technique où l’individu ne serait plus un homme, mais un automate consumériste sans volonté propre. Iohann Moritz, le prisonnier perpétuel qui ne se pose jamais de question, représente la figure idéale de ce prototype. Tantôt considéré comme juif, puis comme simple détenteur de force de travail, puis comme être supérieur digne de faire partie de la Waffen SS, il est balloté sans cesse parmi les incohérences de ce monde qui l’entoure. On lui offre même une tribune au tribunal de Nuremberg parmi les prêtres du nazisme, mais personne ne l’écoute. D’ailleurs, il ne parle guère, il préfère regarder ses juges en se disant : « Que va-t-il encore me tomber sur la gueule#8239;? »

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Romans , Roman Étranger
  • EAN
    9782266157858
  • Collection ou Série
  • Format
    Poche
  • Nombre de pages
    448
  • Dimensions
    179 x 110 mm

L'auteur

Virgil Gheorghiu

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8,30 € Poche 448 pages