Wild : Le livre de Cheryl Strayed
Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n'a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le " Chemin des crêtes du Pacifique ". Lancée au cœur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.
" Dix-sept ans plus tard, devenue une journaliste célèbre, Cheryl Strayed révèle enfin dans un livre revigorant son expérience, cette part d'ombre. Et de lumière. "
Marie-Claire
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Guitton
De (auteur) : Cheryl Strayed
Traduit par : Anne Guitton
Expérience de lecture
Avis Babelio
leslecturesvagabondes
• Il y a 3 semaines
J’ai découvert Wild suite à un podcast ; je m’étais dit “avant d’écouter cet épisode, il va d’abord falloir que je lise le livre”. Le résumé avait tout pour me plaire : suite à la perte de sa mère et à l’effondrement des différents piliers de sa vie, Cheryl décide de marcher. Mais tant qu’à faire, elle se lance dans l’une des randonnées les plus difficiles alors que son niveau d’expérience est proche de 0. Dans une posture vaguement verticale, elle va surmonter douleurs et fatigue pendant 1700 km avec un seul objectif en tête : avancer. Cette histoire vraie est celle d’une rupture, d’une reconstruction au travers de la nature. On pourrait imaginer de longs descriptifs du paysage environnant et pourtant l’esquisse faite par l’autrice est très minimaliste. Celle-ci a choisi d’axer sa plume sur ses états d’âme et les épreuves qu’elle traverse. Nous découvrons ainsi son passé et ce qui l’a amené sur ce chemin montagneux au moyen d’interludes. Au fil des pages, nous marchons avec Cheryl, nous l’accompagnons sur le PCT et nous souffrons avec elle. Comment ne pas s’attacher à ce personnage qui doute tout le temps ? Comment ne pas ressentir de la compassion face à sa douleur ? Comment ne pas être touchée par les belles âmes qu’elle rencontre ? On aurait pu penser que cette randonnée serait une nouvelle stratégie de fuite/destruction mais il va finalement lui permettre de rétablir un lien paisible et sincère avec sa mère, avec elle-même. Merci pour cette lecture authentique où j'ai vécu cette randonnée sans les maux de pieds.
jphial
• Il y a 2 mois
J’ai passé la journée à lire "Wild", et c’était bien. J’ai parcouru la deuxième partie du récit à toute vitesse, avalant sans effort et sans ennui près de mille kilomètres. J’ai commencé "Wild" avec en tête mes souvenirs de l’histoire tragique de Christopher Mc Candless. Mais si j’ai pu reprocher à "Into the wild" une certaine froideur narrative, créée par le style très journalistique de Jon Karakauer, j’ai davantage adhéré au récit de Cheryl Strayed, plus intime. Il s’ouvre sur le récit de la maladie et du décès rapide de sa mère, brutalement décédée d’un cancer du poumon à l’âge de 45 ans. Cheryl passe par des émotions universellement connues de tous ceux qui ont eu à surmonter la mort d’un parent. Son parcours difficile, ses tentatives désordonnées de faire face au décès de sa mère, l’éloignement de son beau-père mais aussi de son frère et de sa sœur, sa fuite en avant et la destruction de son mariage ont su me toucher. Je me suis d’emblée attachée à cette jeune femme déprimée et perdue au point de « danser au bord du précipice » et de faire le vide autour d’elle pour se retrouver seule et élargir le vide à l’intérieur d’elle. Strayed, ou « égaré » en français, c’est le patronyme que s’est choisi l’autrice suite à son divorce, à l’âge de 26 ans. Cheryl Strayed a rédigé "Wild" d’après ses souvenirs et ses journaux intimes. Une note de l’auteur, en tête de l’ouvrage, précise qu’« aucun événement ou personnage n’a été inventé ». Ajoutons que le récit se déroule en 1995, lointaine époque où les téléphones portables n’existaient pas encore, ni les sites internet richement documentés sur les sentiers de randonnée. Après avoir fait le vide autour d’elle, Cheryl entame une longue randonnée en solo sur le « chemin des crêtes du Pacifique », alias PCT, sentier de grande randonnée qui s’étend sans interruption de la frontière mexicaine à la frontière canadienne, et sillonne les états de la Californie, de l’Oregon et de Washington sur près de 2000 km, traversant parcs naturels, déserts, montagnes, forêts, longeant lacs et rivières, à l’écart de la civilisation. Dès les premiers chapitres, j’étais prête à partir, Monster-sac sur les épaules, prête à découvrir les grands espaces américains. Moi qui aime sillonner les sentiers jurassiens avec le club alpin local mais qui n’ai que deux treks à mon actif, et sur de courtes durées (une semaine estivale) - le mare a mare en centre Corse, 87 kilomètres seulement, et le sentier des douaniers en Bretagne, pas tellement de dénivelé - je ne suis guère plus expérimentée que Cheryl au moment où elle élabore son projet, mais fortement attirée par son itinéraire (mon rêve américain se situerait plus volontiers en Oregon qu’à New-York). Je sais et je ressens le bien-être que procurent la marche et le contact avec la nature. Dès que l’émotion est trop forte, surtout si elle est triste, je lace mes chaussures. La marche me permet de vider mes pensées et de me recentrer sur l’essentiel. Le sentiment de plénitude intérieure, au bout d’une ou deux heures de marches, est incomparable. Tout cela explique que je me sois totalement projetée dans ce périple et que j’aie partagé les moindres soucis matériels de Cheryl. Elle m’a fait rire avec son sac-coccinelle impossible à soulever, avec son manque d’expérience (imaginez : elle part avec une scie pliante, mais sans bâtons de marche) ; j’ai souffert à la pensée de ses pieds coincés dans des chaussures qui se révèleront trop petites à l’épreuve de la descente. Je n’ai été nullement gênée par les considérations matérielles, mais il faut savoir qu’elles sont relativement fréquentes (repas, douches, blessures physiques, manque d’argent, change de vêtements, confort ou inconfort nocturne) : c’est un récit sans dramatisation excessive, sans pathos, un récit simple et ordinaire comme peut l’être la vie. Qui aime la randonnée retrouvera dans ce récit des sensations familières. Ah ! le désir immodéré d’une limonade fraîche (en ce qui me concerne plutôt d’une bière fraîche, chacun ses plaisirs) après une longue journée de marche ! Mmh, l’intense plaisir de satisfaction : « A chaque gorgée, j’étais parcourue d’un frisson de plaisir enivrant. Je serrais la bouteille entre mes mains pour en absorber la moindre molécule de fraîcheur. Des voitures se sont arrêtées, des gens sont descendus, sont entrés dans le magasin, puis sont repartis. Pendant une heure, je suis restée là à les regarder, dans un état de ravissement post-limonade qui valait n’importe quel shoot d’héroïne. » Elle m’est bien sympathique, cette Cheryl. Ses préoccupations primales alternent avec ses pensées, si bien que le récit n’est jamais monotone : la marche, entrecoupée de nombreuses rencontres et de flash-back éclairant un à un les pans du passé de la jeune femme, revêt une dimension initiatique. On assiste avec plaisir à la lente métamorphose d’une « grosse nulle » aux chaussures trop petites, au sac trop lourd, aux ambitions trop hautes, en « putain de guerrière amazone », capable d’aller jusqu’au bout de son projet. « Ma capacité à continuer reposait en grande partie sur la force mentale et l’entêtement obstiné à aller de l’avant, quoi qu’il advienne. » Parfois tentée de revenir en arrière, elle continue envers et contre tout, malgré les ours et les serpents à sonnette, malgré les fourmis noires et les aboiements des coyotes, malgré l’épuisement et les douleurs physiques, malgré les mauvaises rencontres possibles, malgré les fantômes qui la poursuivent durant sa folle traversée. « Une même force nous propulsait vers l’avant, les autres randonneurs et moi, lors des journées les plus difficiles. Ça n’avait rien à voir avec l’équipement, les chaussures, les modes, les philosophies d’une époque ou d’une autre, ni même avec la nécessité de se rendre d’un point A à un point B. C’était lié à la sensation qu’on éprouve quand on est en pleine nature. Quand on marche pendant des kilomètres sans autre raison que de contempler l’accumulation d’arbres, de prairies, de montagnes, de déserts, de ruisseaux, de rochers, de fleuves, d’herbes, de levers et de couchers de soleil. C’était une expérience puissante et fondamentale. J’avais la conviction qu’il en avait toujours été ainsi depuis les débuts de l’humanité, et que tant que la nature existerait à l’état sauvage, cela ne changerait pas. » J’ai aimé que Cheryl ne renonce pas à la lecture malgré le poids totalement inutile d’un livre dans le sac de tout bon randonneur qui se respecte. J’ai aimé que sa certitude d’être un écrivain dans l’âme, enfouie en elle, émerge doucement, et que cette certitude se concrétise peu à peu. L’inspiration revient sur le chemin, la voix de son roman s’immisce dans son esprit, entre des bribes de chanson, des jingles publicitaires et des séries de comptes jusqu’à cent, destinés à lui donner la force de continuer à avancer. J’ai assisté à ses petits progrès, pas à pas : « Je commençais tout juste à comprendre ce que j’étais venue faire là. Comme si j’étais toujours cette femme avec un trou dans le cœur, mais que ce trou avait imperceptiblement rétréci » ou « Peut-être qu’en effet j’étais la personne la plus seule au monde. Mais peut-être que c’était bien ». A la façon des personnages de « Tandis que j’agonise » de William Faulkner, livre qui fait un bout de chemin dans Monster-sac, Cheryl accompagne l’âme de sa mère et chemine peu à peu vers la reconstruction et l’estime de soi. Un regret toutefois, que l’écriture soit si simple. Je l’aurais souhaitée plus élégante, plus précise. J’aurais aimé pouvoir davantage visualiser les lieux parcourus. Heureusement que ce bon vieux Google a fidèlement suppléé aux insuffisances descriptives, me permettant de suivre l’itinéraire de Cheryl sur une carte et de regarder des photographies des paysages traversés. J’ai eu besoin de ces béquilles pour avoir réellement le sentiment de voyager au cœur de la nature. J’aurais préféré que ce soit davantage l’écriture qui me guide du désert de Mojave, en Californie, aux montagnes enneigées de la Sierra Nevada, puis de la chaîne des Cascades. Mais j’ai aimé admirer les vastes panoramas californiens, les chutes grandioses de Burney Falls, les sommets crénelés de Castel Crags. Mon expérience jurassienne m’a facilement aidée à avoir le sentiment de traverser les forêts de l’Oregon qui bouchent la vue et rétrécissent la vision… J’ai rêvé devant le Mont Mazama, ce volcan endormi occupé en son centre par le Crater Lake, un lac de dix kilomètres de diamètre, le plus profond des USA ; je me suis laissée absorber par la contemplation de sa teinte bleue incomparable, pure et limpide. J’ai enfin cheminé le long du lac Odell, parcouru la réserve des Three Sisters, où se trouvent les trois plus hauts sommets de l’Oregon, jusqu’à la ville de Cascade Locks et au pont des dieux, terme du voyage de Cheryl. Le rythme de ma lecture était doux, il « n’avait rien à voir avec celui des moyens de locomotion que l’on utilise normalement pour parcourir le monde. Les kilomètres ne défilaient pas. Ils formaient de longs méandres d’herbes folles, de mottes de terre, de brins d’herbe, de fleurs courbées par le vent, d’arbres tordus et grinçants. Ils étaient faits du son de ma respiration et de celui de mes pas sur le chemin, l’un après l’autre, accompagnés du cliquetis de mon bâton. » Que c’était agréable de se laisser porter ainsi, tout en restant assise au coin du feu, alors qu’il faisait si gris et humide dehors. Le week-end prochain, j’enfile mes chaussures (qui, heureusement pour moi, ne sont pas trop petites) et en avant !
nanielhamine
• Il y a 2 mois
Très bon roman autobiographique, à mon sens des parfois assez longs dans certaines scènes. Et à l’inverse pas assez de détails sur certains passages de la vie de l’autrice dont on aurait aimé en savoir plus. Elle se livre sans pudeur sur l’introspection qu’elle fait durant son voyage. Plutôt bien écrit et qui se lit tout seul.
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Romans , Roman Étranger
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- EAN
- 9782264062208
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- Collection ou Série
- Littérature étrangère
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- Format
- Poche
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- Nombre de pages
- 504
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- Dimensions
- 179 x 110 mm
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9,20 € Poche 504 pages