L'Ami Fritz : Le livre de Erckmann-Chatrian
Un célibataire épicurien face à l'amour
Nul mieux qu'Alphonse Daudet n'a parlé de l'ami Fritz : " Un Alsacien bon enfant, héritier de parents aisés qui ne lui ont rien laissé faire, un sybarite de la vie bourgeoise, amoureux de bien-être, de bonne chère, et dont la panse toujours pleine et tendue fait sauter les boutons d'argent de son vaste gilet dans un épanouissement égoïste de joies gourmandes et pacifiques.
Résolu à rester garçon toute sa vie, Fritz Kobus reçoit un jour dans le coeur et malgré l'épaisseur de ses gilets ouatés une impression funeste et délicieuse qui transforme tous ses projets... Il est troublé de ce parfum nouveau dans le festin perpétuel de son existence, troublé jusqu'à perdre l'appétit...
En vain il veut raisonner ce qu'il éprouve, argumenter avec lui-même, il est vaincu par l'amour et tombe en pleurant dans les bras de cette petite Suzel sans laquelle il ne peut plus vivre.
De tous les romans d'Erckmann-Chatrian, si particulièrement colorés,
L'Ami Fritz m'a toujours paru le plus touchant, et il reste dans mon esprit comme la marque de ces merveilleux conteurs qui ont su réunir le pittoresque et la naïveté et donner à toute leur œuvre un charme local inimitable. "
De (auteur) : Erckmann-Chatrian
Préface de : JULES CLARETIE
Expérience de lecture
Avis Babelio
mimiLAURENT
• Il y a 4 mois
Fritz Kobus, fils d'un juge de paix, décide de ne pas s'encombrer avec les inconvénients de l'existence. Il ne travaillera pas, se contentera d'engranger ses bénéfices et surtout ne se mariera pas, au grand déplaisir de son ami, le vieux rabbin David. Pour le printemps Fritz a décidé d'inviter un bohémien de sa connaissance à sa table, celui qu'il avait invité chez lui un des Noëls précédents pour le soustraire à la rue et au froid. En remerciement Iôsef vient, chaque printemps, jouer de la musique devant chez lui.
FabtheFab
• Il y a 6 mois
Fritz Kobus a trente-six ans, il vit à Hunebourg et depuis la mort de son père, Zacharias en 1832, il mène une existence de rentier oisif. Il est ami avec le vieux rabbin David Sichel. Il passe sa vie à profiter de la bonne chère, des bons vins et de la bonne bière de l’auberge avec ses amis, le grand Frédéric Schoultz, le percepteur Haan ou le bon Speck. Un jour que Fritz invite ses amis à déjeuner, la petite Suzel, la fille du père Christel et de la mère Orchel, les fermiers de Meisenthal, passe chez Fritz, il tombe amoureux… --- --- --- Erckmann-Chatrian est le pseudonyme collectif utilisé de 1847 à 1887 par deux écrivains français : Émile Erckmann (né le 20 mai 1822 à Phalsbourg et mort le 14 mars 1899 à Lunéville) et Alexandre Chatrian (né le 18 décembre 1826 à Grand-Soldat et mort le 3 septembre 1890 à Villemomble). Ils ont également écrit sous leurs patronymes respectifs. Nés tous deux en Meurthe, ils ont écrit un grand nombre de romans nationalistes d'inspiration régionale exaltant le sentiment patriotique. Dans leur œuvre, le réalisme rustique, influencé par les conteurs de la Forêt-Noire, se transfigure en une sorte d'épopée populaire.” source : Wikipédia --- --- --- Il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman pour la jeunesse mais d’un roman populaire de 1864 que la jeunesse s’est approprié. L'action se passe dans une partie de l'Alsace située entre Landau et la frontière actuelle. Bien que faisant partie de l'Alsace depuis 1680, cette zone a été rattachée au Palatinat en 1815, lequel a été partagé entre la Prusse et la Bavière, malgré l'absence de continuité territoriale, lors du congrès de Vienne. Cela explique la nationalité bavaroise de Fritz et son animosité envers les Prussiens, puisqu'il est favorable à l'unité de l'Allemagne, mais pas sous le joug prussien. Le percepteur Haan collecte donc les impôts pour le roi de Bavière, Maximilien. Erckmann-Chatrian dresse un portrait idyllique d’une communauté villageoise unie, Fritz est un épicurien et un jouisseur, ce qui permet de longues descriptions des richesses gastronomiques en Alsace, la bonne chère et les bons vins, il y a presque un côté naturaliste dans la description des habitudes du héros. Fritz s’entend avec toutes les communautés, il est catholique mais son meilleur ami et confident est juif, il aide et soutient un rom et il tombe amoureux d’une jeune protestante. Les descriptions souffrent néanmoins aujourd’hui de stéréotypes. L’intrigue reste mince puisqu’il s’agit pour le héros de déclarer sa femme, l’intérêt du roman réside donc davantage dans la description de cette société allemande du milieu du 19ème siècle ; l’appropriation par la jeunesse peut s’expliquer par l’éducation sentimentale abordée par Erckmann-Chatrian avec humour et drôlerie. Il s’agit vraiment d’une romance avec une célébration de l’amour qui transcende les barrières sociales et les conventions entre un bourgeois de trente-six ans et une jeune fermière de dix-huit ans.
Lamifranz
• Il y a 2 ans
S’il est un territoire que l’histoire a passablement bousculé (et ses habitants avec), c’est bien l’Alsace-Lorraine. Au cours des siècles et des conquêtes, cette région, qui comporte une partie des anciennes régions administratives Alsace et Lorraine, (actuellement incluses dans une entité appelée avec beaucoup d’à-propos Grand-Est – certains remplacent le terme d’à-propos par d’autres vocables plus désobligeants), cette région a été ballottée, tantôt française, tantôt allemande, avec tous les changements que ces changements d’autorisaient imposent : économiques et commerciaux, mais surtout linguistiques et culturels : jusqu’en 1871, la région était française, mais dans la pratique, les gens parlaient autant allemand que français et plus encore ces langues locales qui tenaient un peu des deux premières. C’est un argument que les partisans du rattachement à l’Allemagne avançaient hardiment. La question fut réglée entre 1871 et 1919 quand la France fut obligée de céder à l’ennemi vainqueur ces deux fleurons de notre patrimoine, qui du coup devenaient fleurons du patrimoine germanique. « L’Ami Fritz », écrit en 1864, décrit donc une Alsace administrativement française, mais fortement imprégnée de culture allemande. Mieux encore la région où se situe l’action, bien que française, est rattachée à la Bavière toute proche. Fritz se déclare bavarois et les vieux briscards de l’Empire rencontrés dans les rues se font traiter de Frantzosen.. Ce qui n’empêche pas la vie de s’écouler paisible et heureuse. Un qui est paisible et heureux, c’est Fritz. Fritz Kobus, rentier, amateur de bon vin et de bonne chère, sans aucun souci de santé ni de fortune, vivrait un véritable paradis si son célibat prolongé n’excitait pas l’imagination de toutes les femmes et filles à marier du pays, et aussi des « marieurs » au premier rang duquel son ami le rabbin David Sichel. L’Ami Fritz, moi, il me fait penser à l’ami Franz (Schubert, zut, voilà l’origine de mon pseudo dévoilée) : dans ses schubertiades, l’ami Franz ne vit que de bon vin de bonne chère, d’amitié… et de musique ? L’Ami Fritz aussi aime la musique, son ami bohémien Iôsef vient souvent le régaler avec son violon tzigane. Les filles, très peu pour lui. Mais il en est en Alsace comme partout ailleurs, rien ne se passe comme prévu, et la charmante Suzel, fille de son métayer, va venir bousculer toutes ses certitudes… Alors oui, bien sûr, c’est plein de bons sentiments, c’est terriblement démodé, c’est illisible pour l’homme et la femme du XXIème siècle, je suis tout à fait d’accord… Mais qu’est-ce que ça fait du bien de se reposer l’esprit avec un sain dépaysement dans un passé, révolu certes, mais terriblement attachant (eh, quelque part c’est le nôtre aussi, même si on n’est pas alsacien !), quel bonheur de savourer une langue légère et fluide, très « couleur locale » (ce qui donne un chouette cachet d’authenticité au récit), de voir évoluer ces personnages directement issus des images d’Epinal (les Vosges, c’est juste à côté), de participer quasi « in vivo » aux agapes de ces épicuriens… Erckmann-Chatrian, l’auteur bicéphale de ce chef-d’œuvre, est l’association de deux auteurs : Emile Erckmann (1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890). Pendant plusieurs décennies ils se sont faits les chantres de cette région, à travers plusieurs romans dont certains ont traversé le temps. Avec « l’Ami Fritz » (1864) leur plus grand succès, nous pouvons encore lire avec jubilation : « L’Invasion ou le fou Yégof » (1862), « Les Contes du bord du Rhin » (1862) « Madame Thérèse » (1863) « L’Histoire d’un conscrit de 1813 » (1864) et sa suite « Waterloo » (1864) et bien d’autres … Comme Jules Verne, Hector Malot ou la Comtesse de Ségur, Erckmann-Chatrian est en exposition dans un musée. L’entrée est gratuite ; quand on entre on sait à peu près ce qu’on va trouver, mais on ne sait pas quand on va ressortir. On sait en tous cas qu’on ressortira ragaillardi et confiant dans l’avenir… L’exposition est permanente, et ne risque pas de prendre fin dans les prochaines années…
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Classiques et Littérature , Littérature Classique
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- EAN
- 9791039206129
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- Collection ou Série
- Classiques d'hier et d'aujourd'hui
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- Format
- Poche
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- Nombre de pages
- 240
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- Dimensions
- 179 x 110 mm
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8,95 € Poche 240 pages