Moins que zéro : Le livre de Bret Easton Ellis

Grand format

Robert Laffont

0 personnes ont réagi

Le premier livre de Bret Easton Ellis, un coup d'éclat, salué par la critique comme un Attrape-Cœurs moderne. Le roman emblématique des années 80.

Clay, jeune étudiant sur la côte Est, revient à Los Angeles pour les vacances de Noël. Il erre de fête en fête, avec les filles et fils de riches producteurs, essaye diverses drogues, se demande ce qu'il éprouve pour sa petite amie, couche avec celles et ceux qu'il croise, au hasard des rencontres. Il observe avec un froid détachement le mal-être, le désœuvrement désabusé et halluciné de ceux qui l'entourent, l'angoisse, le vertige tapi dans l'apparente indifférence, la recherche incessantes de plaisirs, l'accoutumance, l'apathie, et le vide qui les consument.
Clay remarque sur les panneaux publicitaires de L.A. cette étrange injonction " Disparaître ici ". Dans ce monde miroitant, factice, qui ne parvient plus à masquer le désespoir et la violence qu'il engendre, il est difficile de rester en vie. Le sexe, l'ivresse, l'argent n'apportent ni le bonheur ni la puissance escomptés. Mais ils demeurent peut-être les derniers objets du désir, pour se sentir encore vivant.

De (auteur) : Bret Easton Ellis
Traduit par : Brice Matthieussent

Fermer
 

Expérience de lecture

Avis Babelio

Sardanapale

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 2 mois

« Les gens ont peur de se perdre ». C’est sur cette phrase que s’ouvre Moins que zéro, premier roman de Bret Easton Ellis. Sur la Santa Monica Freeway ou la California Road, le réseau autoroutier complexe qui dessert Los Angeles, ils roulent à 200 et ont peur de se perdre. Formidable métaphore de la vie moderne où planqués derrière leurs lunettes de marque et leurs ensembles Gucci, isolés dans l’habitacle solitaire de leur boite crânienne, les citadins errent hagards à la recherche d’un bonheur qui n’existe pas. Alors ils consomment. Belles maisons, grosses voitures, jeunes femmes et lignes blanches. Serrez sur la droite. C’est tout le propos du bouquin que de déplorer l’American way of Life des années 1980 où les relations sociales s’effritent dans un contexte de libéralisme économique et de consumérisme exacerbé. De retour dans la Cité de Anges pour les vacances de Noël, Clay, un étudiant à l’Université du New Hampshire, pourrait mener une vie de rêve. Une grande villa avec piscine sur Mullholland Drive, une plastique avantageuse, de nombreux amis d’enfance et une belle petite amie. Pourtant ce jeune homme paumé nage dans un monde de désillusion, de vide existentiel et de déchéance morale. Son réveillon s’annonce compromis, coincé entre sa mère alcoolique, ses sœurs écervelées et son père trop occupé par son boulot dans la pub ou le ciné. Avec une surenchère malsaine, les évènements abjects se succèdent : son ami contraint de vendre sa Porsche et de se prostituer pour rembourser ses dettes de drogues, les autres qui consomment du snuff movie, ces films clandestins qui mettent en scène tortures ou viols non simulés. La monstruosité atteint son paroxysme avec la séquestration d’une très jeune adolescente. Le roman dépeint donc une génération de jeunes californiens aisés confrontés à l’ennui, à la superficialité et aux comportements autodestructeurs. Leurs conversations sont creuses, personne ne s’intéresse à rien. L’amour leur est impossible. « Je ne veux pas de l'amour » nous dit Clay. « Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n'aime pas ». Ellis dépeint sans concession la MTV generation et son narcissisme. Abandonnée par ses parents ; elle trouve refuge dans la drogue et le culte de l’apparence. Bret Easton Ellis use d’un style minimaliste et monotone qui reflète l’état émotionnel proche du néant de ses personnages. Les phrases sont courtes et sèche, la narration détachée, quasi clinique. Les dialogues n’ont aucun sens et sont dénués de toute émotion. Le vocabulaire des personnages est pauvre, répétitif. Leurs centres d’intérêts se concentre sur les marques, les ragots et l’humour malveillant. Il évoque également la nostalgie de l’enfance et la difficulté de passer à l’âge adulte pour une génération matérialiste sans aucun projet d’avenir. J’ai aimé le regard nihiliste et désabusé sur ces classes dites « supérieures » qui n’ont plus rien à s’offrir. La critique féroce d’une génération rouillée. L’envers de la carte postale, le fond de la piscine, derrière les lunettes de soleil, les yeux glauques des morts-vivants. J’ai moins aimé le côté trop trash qui apparait un peu racoleur. L’enchainement des situations sans réelle intrigue, ce qui s’explique car Moins que zéro est en fait la juxtaposition de nombreux fragments de textes écrits par l’auteur de 16 à 20 ans pendant ses ateliers d’écritures. Le style minimaliste pas tout à fait maitrisé et qui s’affinera dans son roman suivant, beaucoup plus réussi, Les Lois de l’attraction.

Signaler

Livres du même auteur

Les livres de la même maison

Fiche technique du livre

  • Genres
    Romans , Roman Étranger
  • EAN
    9782221268926
  • Collection ou Série
    Pavillons
  • Format
    Grand format
  • Nombre de pages
    232
  • Dimensions
    216 x 136 mm

L'auteur

Bret Easton Ellis

Découvrir l'auteur

Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.

20,00 € Grand format 232 pages