Vivre avec son passé - Une philosophie pour aller de l'avant : Le livre de Charles Pépin
Comment faire de notre passé une force d'avenir ? Enfance, éducation, souvenirs heureux ou traumatiques : notre passé ne passe pas. Il est toujours présent.
Il nous appartient alors d'établir une relation apaisée et féconde avec notre mémoire. Celle-ci n'est pas, comme on le pense souvent, un stock de données. Les neurosciences nous apprennent, au contraire, que la mémoire est dynamique, mouvante. Nos souvenirs ne sont pas figés, ils s'apparentent à une partition à interpréter.
Notre rapport au passé doit être repensé. En convoquant sciences cognitives, nouvelles thérapies, sagesses de la philosophie, de la littérature ou du cinéma, Charles Pépin nous montre que nous pouvons entretenir un rapport libre, créatif, avec notre héritage.
" Une exploration stimulante de la réinvention de la mémoire et
des souvenirs. "
Philosophie magazine
" Charles Pépin a cette manière tout à fait singulière de rendre
la philosophie accessible, en partant de questions que tout le
monde se pose. "
L'Écho
Également chez Pocket :
Les Vertus de l'échec,
La Confiance en
soi et
La Rencontre.
De (auteur) : Charles Pépin
Expérience de lecture
Avis des libraires
Avis Babelio
Takalirsa
• Il y a 2 mois
Après « La rencontre », voici un autre titre de Charles Pépin que j’étais impatiente de découvrir. Une fois de plus, le propos est captivant et j’ai pris de nombreuses notes. Parler du passé, c’est avant tout évoquer le rôle de la mémoire. Selon le philosophe Bergson, il n’y a pas de souvenir objectif, tout souvenir est une reconstruction dynamique (p.30). Influencé par nos émotions ou le récit des autres, il est une perception personnelle ayant tendance à s’altérer, voire se déformer au fil du temps. Inversement, ce n’est pas parce que nous avons « oublié » un souvenir que nous l’avons perdu définitivement. Il n’est pas effacé, il est juste en retrait : « Il reste présent en nous, agit à sa manière dans notre cerveau, influence notre façon de penser, de percevoir le monde ». Il agit ainsi en arrière-plan, ce dont nous sommes rarement conscients. Éviter son passé a un coût psychique (p.110). Nous n’ignorons pas le passé si aisément : « Plus nous cherchons à l’effacer, plus il se manifeste de façon désagréable », par exemple dans les rêves, ou sous forme de fatigue. L’évitement mobilise des forces d’énergie ayant pour contre-coup une certaine fatigue psychique, des crises d’angoisse inexpliquées malgré le désir d’aller de l’avant, comme si « le passé ne passait pas » (p.120). Mieux vaut donc ne pas éviter les sentiments désagréables associés mais plutôt vivre avec son passé. Le passé, c’est aussi la transmission muette, par la force des habitudes, des parents et grands-parents. Réaliser ce que notre passé a fait de nous (temps d’accueil), décider ce que nous en faisons (temps d’action), prendre la mesure de ce dont nous héritons et devenir à notre tour des fondateurs : voilà la démarche pour développer sa propre identité à partir de l’héritage familial. Ne nous réduisons pas à notre passé mais créons de l’inédit. Faisons les choses à notre manière afin de prendre son passé avec soi pour construire son avenir (p.156). S’engager dans une nouvelle histoire d’amour… « Nous sentons bien qu’il nous faut nous réinventer, nous ouvrir au nouveau, expérimenter, évoluer (…). Mais prendre un nouveau départ avec quelqu’un ne peut pas fonctionner si nous nous coupons de nous-mêmes, de notre vie d’avant, de ceux qui en font partie comme de tout ce qui a fondé notre personnalité. » (p.175). Le mouvement de la vie n’est pas une fuite en avant mais une évolution qui demande de « créer du nouveau à partir du chemin parcouru ». Bref, « un temps d’accueil, un temps d’action, le plaisir pour boussole et le mouvement de la vie pour moteur ». Intervenir dans son passé (p.188) : nous avons la possibilité de revenir sur nos souvenirs en en tirant une règle de vie différente. Il s’agit de remplacer dans notre cerveau (grâce à la plasticité cérébrale) une vérité émotionnelle qui nous entrave afin de vivre notre passé autrement. On peut aussi se souvenir des belles choses, pas seulement des événements douloureux. Engranger le maximum de nouvelles expériences pour emmagasiner les souvenirs de bonheurs nouveaux : ces nouveaux souvenirs viendront se placer sur le devant de la scène de notre mémoire (p.232). Enfin, pardonner permet de se libérer soi-même car « nous méritons la paix ». Pardonner n’est ni oublier ni effacer le passé, mais s’alléger du poids du ressentiment pour avancer plus léger vers son avenir, « comme un cadeau que nous nous faisons à nous-mêmes, une délivrance ». Le pardon est la condition de l’action libre. Alors allons de l’avant sans se soucier des échecs passés. C’est la condition pour « se désencombrer et retrouver quelque chose de l’innocence de l’enfant, de sa légèreté ».
Philosophia39
• Il y a 4 mois
Une promenade en pays des souvenirs et de la mémoire, en compagnie d'un grand nombre d'auteurs et de philosophes. C'est un essai plutôt léger, qui se lit facilement, et qui fait écho à la vie quotidienne. C'est tout a fait abordable et pedago, c'était une bonne lecture qui amène à réfléchir sur son rapport au temps.
hanyrhauz
• Il y a 4 mois
Mon prof de philosophie au lycée disait détester l'expression "tourner la page". Qu'aucune page ne se tournait jamais, qu'on ne faisait que composer avec notre somme d'expériences, que l'image de la vie comme un livre n'avait pas de sens, au mieux, c'est un long rouleau parcheminé. Je ne sais plus si comme Charles Pépin il citait Bergson. A la lecture de Vivre avec son passé, j'ai repensé à tout ça. C'est bien la preuve qu'il n'y a pas de page du lycée à tourner, par exemple. L'auteur va plus loin, combattant les gourous de l'instant présent qui nient qu'on le vit toujours à l'aune de notre vie passée et déjà dans une projection vers la suite. Bref, profiter de l'instant présent, vaste supercherie, puisque c'est déjà le moment de se fabriquer des souvenirs. Comme toujours avec Charles Pépin, le texte est érudit, truffé de références mais reste accessible. Et on se retrouve plutôt satisfait de comprendre le concept de résilience cher à Cyrulnik (et voir à quel point il est devoyé), de noter des textes que l'on pourrait lire plus tard, de faire de la philosophie depuis la plage. Ne voulant pas paraphraser le livre (j'ai retenu ça aussi de mes années au lycée, paraphraser ce n'est pas penser), je vous en recommande la lecture. Et je vais profiter de mes heures de train et d'avion à venir pour faire un tour Sous le soleil de Platon.
Carteroutiere
• Il y a 7 mois
Un livre qui n’est pas seulement un livre de philosophie, mais aussi un ouvrage qui nous aide à mieux comprendre commet nous fonctionnons et comment nous pouvons agir dessus. En effet, j’avais quelques hésitations à le lire parce que j’ai toujours eu du mal à lire les philosophes, mais là ce n’est pas le cas. Ce livre a deux atouts. Le premier est de tenir compte des derniers développements des neurosciences pour nous donner quelques clés sur notre fonctionnement. Nous n’avons pas une mémoire, mais cinq mémoires : mémoires « longues » (mémoire épisodique, sémantique et procédurale) et « courtes » (mémoires de travail et sensorielle). L’auteur insiste aussi sur les rôles différents de l’hippocampe (faits) et de l’amygdale (émotions). Toutes ces explications nous permettent de comprendre plein de situations : depuis la madeleine de Proust à la mémoire sélective des personnes atteintes d’Alzheimer. Cela nous conduit directement aux deuxième atout : comment agir sur notre mémoire, que ce soit en voulant « oublier », modifier et réduire l’impact de souvenirs négatifs ou en redonnant de la force à des situations positives. Ce qui rend explicitera démarche, c’est la méthode de l’auteur qui fait appel à de nombreux auteurs pour illustrer ses propos : Bergson, Freud, Proust mais aussi des auteurs plus contemporains comme Borges, Semprun, Eribon... Au final, cela donne un livre outil où chacun peut y trouver son méthode autour d’une méthode « centrale » : accueillir son passé, agir sur son passé et/ou emmagasiner de nouveaux souvenirs et enfin par ce passage à l’action remettre le passé à sa juste place et résister à la tentation du ressassement.
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Classiques et Littérature , Essais
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- EAN
- 9782266343640
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- Collection ou Série
- Agora
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- Format
- Poche
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- Nombre de pages
- 256
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- Dimensions
- 180 x 112 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
9,50 € Poche 256 pages