La maternelle : Le livre de Léon Frapié
La réédition d'un classique de la littérature française, lauréat du Prix Goncourt en 1904
La vie de Rose, née dans une famille bourgeoise, semblait tracée. Mais la mort brutale de son père la prive de toute ressources et ses fiançailles sont rompues. Recueillie par son oncle, diplômée de l'université, elle se voit contrainte de devenir femme de service dans une école maternelle, au cœur du quartier de Ménilmontant. Dans son journal intime s'écrit le roman quotidien des enfants pauvres qu'elle prend en pitié et finit par considérer comme les siens.
Nourri d'anecdotes rapportées par la femme de Léon Frapié, qui fut institutrice communale, La Maternelle offre à nos yeux la saleté des rues, les maisons closes qui voisinent avec les écoles, l'alcoolisme des parents, la santé précaire des enfants.
S'il n'est pas indifférent à la condition des enseignants, Frapié peint avec tendresse les malheurs de ces petits élèves, héros de ce roman naturaliste sur l'enfance maltraitée.
Léon Blum, dans
L'Humanité, saluera ce réquisitoire contre les insuffisances de la morale républicaine, où se révèlent " quelques-unes des vérités fondamentales sur lesquelles la société future devra bâtir "
De (auteur) : Léon Frapié
Préface de : Roger Martin
Expérience de lecture
Avis Babelio
SaleGargouille
• Il y a 5 mois
La maternelle s’avère être un roman terriblement moderne, en peignant cette fresque intemporelle de l’éducation à la petite enfance et de la place des femmes. Un récit bien tourné et riche en détails, tout en se parcourant avec aisance. Une belle page d’histoire.
AnitaMillot
• Il y a 5 mois
Rose est fiancé (« à vingt-trois, il était temps ! ») et possède un diplôme universitaire. Issue d’un milieu bourgeois, sa vie d’adulte commençait plutôt bien. Sauf que son père meurt brutalement, après avoir appris sa ruine … Du coup, plus de dot : plus de fiancé ! Recueillie par un oncle (pas franchement ravi …) il va lui falloir trouver un emploi, afin de l’aider à subvenir à son entretien … Seulement voilà, être diplômée ça n’est (paradoxalement) pas l’idéal pour prétendre à un travail de femme de ménage dans une école maternelle … Dans son milieu, on reste à la maison ! Seules, les candidates de condition modeste (et surtout dépourvues d’instruction et de culture) peuvent accéder à ces situations « dégradantes » … Il lui faudra donc ruser en se conduisant comme une femme sans éducation, voire « simplette », afin d’obtenir ledit poste, basé dans une école du 20ème arrondissement de Paris (du côté de Ménilmontant) Imaginez un peu ! Trois classes pour environ deux cents bambins (petite section 2-3 ans, moyenne section 3-5 ans et grande section 5-7 ans …) Durant toute une année scolaire, Rose va apprendre ce que représente réellement le manque d’hygiène et d’alimentation saine – dû à la précarité des parents – dans ce quartier défavorisé de la capitale (nous ne sommes pas très éloignés de ce que nous connaissons encore aujourd’hui …) Des enfants vulnérables, à qui il est enseigné avant tout de rester à leur place de pauvres … Un roman social honnête et touchant. Parfois drôle, parfois violent … Léon Frapié (1863-1949) qui reconnaissait volontiers s’être servi des récits – et de la non moins précieuse expérience professionnelle – de son épouse, fut ainsi récompensé en 1904 par le « prestigieux » Prix Goncourt. Encouragé par Émile Zola devant la qualité de ses écrits puis félicité par Léon Blum, le discret auteur publiera de nombreux autres ouvrages de la même veine.
Didjmix
• Il y a 1 an
Retour à la maternelle avec ce Goncourt 1904. Notre héroïne se destinait à être au moins institutrice, mais faute de places et surtout de relations, elle est embauchée comme aide ménagère dans une école maternelle. Dans un premier temps, l'histoire est gentillette, moyennement intéressante sauf si vous avez un faible pour les tout-petits ; quelques réflexions intéressantes sur le fonctionnement éducatif. La seconde partie est bien meilleure, quand enfin notre héroïne sort de sa léthargie ambiante. Roman qui a certainement servi à critiquer les "normaliennes", ces institutrices qu'on abreuvait de savoir, mais pas de savoir-faire. Elles avaient les connaissances mais ne savaient pas gérer l'humain - à croire que la question redevient contemporaine. Qui aussi, a pour objectif de dire que l'éducation scolaire est un croupissement des plus pauvres et l'apprentissage de l'obéissance dès le plus jeune age. Une vraie photographie réussie des bas quartiers. Seul vrai intérêt : un vocabulaire varié d'une époque où l'on savait écrire. D'où peut-être le Prix littéraire.
rflavigny
• Il y a 1 an
Il s'agit du second Prix Goncourt. C'est très clairement un livre du XIX°. La phraséologie et le style ont des senteurs de Balzac, de Stendhal mais surtout de Zola. Le thème n'est pas sans rappeler certains ouvrages de la série des Rougon. La narratrice est issus d'une petite bourgeoisie et - fun fact - a reçu une éducation académique supérieure. Alors que le décès de son père va faire échouer une promesse de mariage, elle se retrouve surqualifiée pour obtenir un emploi réservé à l'époque aux femmes. Grâce à son oncle, elle finit par obtenir un emploi de femme de service dans une école maternelle dans un quartier très populaire. Pour conserver cet emploi et pour s'intégrer elle doit apprendre à faire "peuple". Pour occuper sa solitude elle tient un journal qui sera le roman.Au delà des difficultés à descendre les échelons sociaux, elle décrit la misère économique mais aussi sociale et culturelle dans un registre qui fait penser à Germinal ou à la Terre. Elle finit par trouver de l'intérêt à son activité en se rapprochant des enfants de l'école. Elle conduit aussi une analyse sur le rôle de l'école et principalement dans sa fonction de reproduction sociale. Elle reproche à l'enseignement dispensé d'enfermer les enfants dans un déterminisme social qui ne leur permettra jamais de sortir de leur condition. Un roman qui sent bien le siècle qui vient de se terminer lors de sa parution avec une accumulation de clichés et de préjugés de l'époque mais une ébauche de réflexion sur le rôle de l'éducation nationale. Se lit facilement et rapidement.
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Classiques et Littérature , Littérature Classique
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- EAN
- 9791039204972
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- Collection ou Série
- Classiques d'hier et d'aujourd'hui
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- Format
- Poche
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- Nombre de pages
- 350
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- Dimensions
- 179 x 109 mm
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8,95 € Poche 350 pages