La rivière espérance - tome 1 - NE : Le livre de Christian Signol

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Robert Laffont

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Au début du XIXe siècle, la Dordogne était l'une des plus belles voies de transport fluvial.
Bateliers, pêcheurs, passeurs : tous aimaient cette rivière qui les faisait vivre, cette déesse qui dispensait fortune et misère, cette amante jalouse qui parfois retenait l'un des leurs... Comme tout le monde sur le port de Souillac dans ces années 1830, les Donadieu sont bateliers. A treize ans, Benjamin embarque sur la " gabare " de son père. Il part à la conquête d'un monde nouveau. Entraîné dans des conflits entre grands marchands, victime d'une machination, Benjamin sera séparé de ceux qu'il aime et de sa jolie promise, Marie.
Mais le grand fleuve charrie aussi le bonheur...

De (auteur) : Christian Signol

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Avis Babelio

gerardmuller

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 3 mois

La rivière espérance – Tome I Christian Signol (né en 1947) « L’aube était loin et pourtant la rivière étincelait. Au-dessus de la frise des bois pâlissait une frange de ciel où s’étaient diluées les étoiles. Plus bas, sous un torrent de lune, de fins îlots de brume scintillaient en dormant. Plus bas encore, assoupies au flanc des collines, de lourdes flaques de nuit croupissaient sur les chênes dont les masses touffues se projetaient sur le miroir des eaux. » Dès l’entame de ce beau roman, on est séduit par le style admirable dont fait montre Christian Signol pour nous plonger dans l’atmosphère de cette aube fraîche sur les rives de la Dordogne. Nous sommes en octobre 1832. Benjamin Donadieu, jeune garçon de treize ans, fils de Victorien et d’Elina, va connaître son baptême du fleuve. Il fait encore nuit, mais il est déjà à la vitre de la chambre et regarde les gabares chargées de sel, de bois, de vin et d’épices, oscillant lourdement et paisiblement sur les eaux de la Dordogne qui coule en contrebas, en songeant à la journée qui l’attend. Il voit la gabare capitane de son père sur laquelle il va naviguer et il est fier et heureux. Benjamin, bien qu’âgé seulement de treize ans, a déjà des vues sur Émeline Lombard, une beauté aux grands yeux, mais il sait qu’elle ne sera jamais pour lui, car un fils de matelot ne peut se marier avec une fille de marchand. Alors c’est vers la jolie Marie Paradou, sa compagne de jeux depuis sa plus tendre enfance, qu’il pose ses regards le plus souvent. Marie est là pour le départ et accompagne son père vers la gabare seconde tout en repérant Benjamin qui lui ne la voit pas à son grand regret, alors que l’aube pointe et que la lumière veloutée de l’automne s’étend sur les rives herbeuses de la Dordogne. À présent, Benjamin n’a plus qu’à ouvrir grands ses yeux et ses oreilles pour apprendre l’art de la batellerie. Mener la gabare tout en situant à chaque instant sur le cours de la rivière les rapides, les calmes et les meilhes, les dormants, les gravières… Savoir manœuvrer entre les îlots et les bancs de graviers, anticiper les intempéries et à défaut y faire face, c’est ainsi que l’on devient un grand batelier, tel son père. C’est sa première descente de la Dordogne ! Pendant ce temps, les femmes restent rivées à leur maison, à leur travail et leurs enfants, attendant le retour du mari et du fils. Dur métier que celui de matelot qui fait dire à Victorien à son fils qu’un jour lui et son fils s’établirons marchands, même si sans les maîtres de bateau, les marchands ne sont rien. Ainsi commence l’aventure de Benjamin qui tout en apprenant et vivant des moments difficiles et dangereux, ne cesse de songer à Marie qui l’attend et à Émeline, aguicheuse qui l’obsède par son art de la séduction. Marie et Benjamin ont le même âge, et bien des embûches vont se dresser sur leur chemin pour se rapprocher. Mais dans ce petit monde de la batellerie, la solidarité n’est pas un vain mot. Les années passent de descentes en remontes de la rivière, avec ses naissances et ses deuils et Victorien songe sérieusement avec son fils, à tirer profit du commerce du merrain (bois de chêne) et de la carassonne (bois de châtaignier,) l’or du haut-pays, destiné aux tonneliers et aux viticulteurs du bordelais. Une entreprise difficile et risquée car la concurrence est sévère. Mettre à profit cette quête de merrandiers pour remonter jusqu’à la source de la Dordogne : c’est leur rêve. Bientôt viendra l’heure du tirage au sort pour la conscription et l’entrée au contingent pour sept ans. Benjamin tirera -t-il le bon numéro. Tout son avenir avec Marie en dépend mais pas seulement, car une haine farouche et réciproque anime Émeline et Marie pour posséder Benjamin qui aura bien du mal à éviter les pièges tendus par Émeline. Cette première partie de la trilogie de Christian Signol est un moment de lecture merveilleux, captivant et émouvant, avec des descriptions poétiques de la nature notamment périgourdine et une immersion dans un monde peu connu, celui de la batellerie au début du XIXe siècle. L’auteur sait avec talent grâce à une écriture somptueuse et un style d’une grande richesse, nous rendre les personnages attachants, nous donnant peu à peu l’impression de faire partie de la famille. Une fois que l’on s’est habitué au riche vocabulaire de cette étrange navigation en eau douce, on glisse songeur et captivé tout au long des pages de ce magnifique roman dont il me tarde de lire les deux autres parties.

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Romans , Roman de Terroirs
  • EAN
    9782221121511
  • Collection ou Série
  • Format
    Livre numérique
  • DRM
    Filigrame numérique

L'auteur

Christian Signol

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