Le procès - COLLECTOR : Le livre de Franz Kafka

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Un grand texte du XXe siècle.

Comme un long cauchemar... Un personnage sans nom : K. Une arrestation sans motif. Des juges inacessibles. Un avocat introuvable. Des portes qui s'ouvrent sur des scènes interdites. Un lent glissement des choses vers le néant, l'absurde. Pour finir, une exécution inéluctable.

Roman existentialiste avant la lettre, roman de l'angoisse, de la culpabilité pour les uns, roman-manifeste, roman symbole de la montée du totalitarisme pour les autres : Le Procès résiste à toutes les interprétations ! Signe évident d'une œuvre majeure qui traite de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus essentiel.

De (auteur) : Franz Kafka
Traduit par : Georges-Arthur Goldschmidt

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Expérience de lecture

Avis Babelio

Seleneide

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 3 semaines

Si je n’avais pas réussi à finir ma lecture du Château, pour des raisons tenant à l’intrigue et la morale sous-jacente que je trouvais trop évidente, je savais en abordant le Procès que je suis particulièrement sensible à l’univers kafkaïen et à son style d’écriture. Aucune déception de ce côté là, et si je n’ai jamais réussi à pénétrer le Château, j’ai suivi avec attention chaque étape du procès de Joseph K. Joseph K., « fondé de pouvoir » dans une banque, apprend un jour qu’il est accusé et que son procès est en cours. Il ne saura jamais ce dont on l’accuse, mais il se sait innocent et tente désespérément de le faire savoir. Absurde, décousu, du pur Kafka porteur de critiques intéressantes : celle, évidemment, du système judiciaire obscur mais omniprésent, oppressant, dilatoire mais expéditif si nécessaire, critique de la bureaucratie (récurrente chez l’auteur), du totalitarisme, mais au-delà et à mon sens critique sociale. Alors qu’au début du récit chacun semble considérer K. comme innocent, l’inciter à garder confiance en l’institution judiciaire, au fur et à mesure que sa situation s’enlise, les autres protagonistes semblent peu à peu adopter une stratégie d’évitement, sont évasifs avec lui au sujet de son procès alors qu’ils détiennent des éléments clés pour lui, et peu se positionnent pour tenter de l’aider (et cette aide est finalement dérisoire). Il semble presque que seul un effet d’entraînement conduise chacun à considérer K. comme coupable - et ce malgré ses tentatives maladroites de faire entendre l’inverse. K., grotesque, agit presque systématiquement de la manière la plus absurde, ce qui n’arrange pas son cas. Finalement, est-ce vraiment la culpabilité de K. qui a conduit ses comparses à ne plus le soutenir, ou est-ce le déclin de l’opinion publique, effet de masse injustifié et irraisonné, qui a fini par condamner K. pour des faits qu’il ignore ? Le procès de K. était-il vraiment un procès juridique, ou social ?

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shadowthrone

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Dans l'aube grise d'un matin ordinaire, Josef K. découvre qu'il est accusé. De quoi ? Le mystère restera entier, comme une brume qui ne se dissipe jamais vraiment. Le Procès de Kafka nous entraîne dans les méandres d'une justice aussi absurde qu'omniprésente, où l'innocence même devient un concept flou, insaisissable. L'angoisse qui étreint Josef K. est d'autant plus poignante qu'elle naît du quotidien. Les couloirs interminables, les bureaux poussiéreux, les attentes sans fin : tout est terriblement familier et pourtant profondément inquiétant. Kafka transforme la banalité en cauchemar avec une subtilité désarmante. Les portes s'ouvrent sur d'autres portes, les explications engendrent plus de questions, et la logique s'effrite comme du sable entre les doigts. Il y a quelque chose de déchirant dans la façon dont Josef K. tente de se défendre contre l'indéfinissable. Ses efforts pour comprendre, pour rationaliser l'irrationnel, ressemblent à une danse désespérée avec l'absurde. Plus il cherche à s'extraire du labyrinthe bureaucratique, plus il s'y enfonce, comme dans des sables mouvants faits de paperasse et de procédures. Les personnages qui peuplent ce monde kafkaïen sont comme des ombres dans un théâtre de marionnettes : l'avocat alité qui promet sans jamais tenir, la femme du gardien qui séduit sans libérer, les juges invisibles qui condamnent sans juger. Chaque rencontre semble promettre une issue, mais ne fait qu'ajouter une nouvelle couche à l'incompréhensible. La solitude de Josef K. est d'autant plus troublante qu'elle se manifeste au milieu de la foule. Dans les tribunaux bondés, dans les bureaux grouillants, il reste fondamentalement seul face à son procès. Cette solitude moderne, celle de l'homme perdu dans les rouages d'une machine trop grande pour lui, résonne encore douloureusement avec notre époque. L'écriture de Kafka, d'une précision presque chirurgicale, découpe la réalité en tranches fines, révélant sous la surface du normal les strates infinies de l'absurde. Le style, dépouillé de tout artifice, ne fait que souligner la terreur sourde qui habite chaque page. Les descriptions minutieuses des procédures, des attentes, des espoirs déçus, créent un vertige existentiel qui ne nous quitte plus. La fin du roman, dans sa brutalité silencieuse, porte en elle toute la tragédie de notre condition. Josef K. meurt "comme un chien", dit le texte, mais c'est peut-être nous tous qui mourons ainsi, prisonniers d'un système que nous n'avons jamais vraiment compris. La honte qui survit au protagoniste plane comme une question sans réponse : sommes-nous tous, d'une certaine façon, en attente d'un verdict pour un crime que nous ignorons ? Le Procès reste, plus d'un siècle après son écriture, un miroir troublant de nos propres angoisses. Dans un monde où les algorithmes jugent nos vies, où la surveillance est omniprésente, où la bureaucratie devient de plus en plus opaque, l'errance de Josef K. dans les corridors de la justice devient étrangement familière. Nous sommes tous, peut-être, en attente d'un procès dont nous ne connaîtrons jamais les charges.

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ReactionnaireAuthentique

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Un homme est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis, mais en fait oui, c'était sûrement peut-être lui.*************************************************************************************************************************************************

barkil

3.50 sur 5 étoiles

• Il y a 2 mois

Cette atmosphère pesante, étrange, si caractéristique de Kafka. L'oppression bureaucratique qui fond sur le personnage sans que personne ne soit responsable de ce qui lui arrive. La première audience, où K se rend volontairement, sans qu'on l'ait informé du lieu ni de l'heure, et où il fait son cirque. Le juge qui lui dit ensuite que les accusés qui renoncent à faire entendre leurs arguments laissent passer une belle occasion, unique, que bien souvent ils regrettent pas la suite. L'atmosphère étouffante, les greffiers qui vivent dans des sous-pentes, les huissiers qui travaillent dans des greniers. Les femmes attachantes, sensuelles, tactiles qui semblent se livrer à l'accusé simplement à cause de l'aura que confère le simple fait d'être accusé. L'image forte du peintre qui "peint des juges" et détient un pouvoir considérable par sa capacité à représenter, dans les détails, les puissants comment ils souhaitent l'être, c'est à dire plus puissant qu'ils ne sont réellement. Jamais K ne saura de quoi il est accusé. Jamais il ne saura ce que l'avocat fait réellement pour faire avancer sa cause (l'exemple de l'autre client qui vit à demeure chez l'avocat et dépérit depuis cinq ans à ne pas savoir où en est son procès et qui apprend de la bouche de l'avocat qui l'engueule, qu'il pense à tort que son procès a déjà commencé). Ceux que l'on croit très puissants puis qui se révèlent être de simples petits commis, sans que personne ne sache qui sont alors les puissants au-dessus d'eux. L'incertitude qui écrase. Le dialogue, dans la cathédrale, avec l'aumônier de la prison. L'acceptation du sort, puisque K sera passé par le fil de l'épée, par deux bourreaux qui ne savent pas vraiment ce qu'ils font là, ce qu'ils doivent faire ni pourquoi ils doivent le faire. Livre qui m'a largement réconcilié avec l'auteur, dont la lecture du pseudo "journal" m'avait largement déçue.

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Classiques et Littérature , Littérature Classique
  • EAN
    9782266339544
  • Collection ou Série
  • Format
    Poche
  • Nombre de pages
    288
  • Dimensions
    180 x 112 mm

L'auteur

Franz Kafka

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8,00 € Poche 288 pages