Le tombeau d'Apollinaire : Le livre de Xavier-Marie Bonnot

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Belfond

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" Que la guerre est belle ! Mensonges, tout ça. "

Dans les tranchées de la Grande Guerre, le sergent Philippe Moreau dessine les horreurs qu'il ne peut dire. Son chef, le sous-lieutenant Guillaume de Kostrowitzky, écrit des articles, des lettres et des poèmes qu'il signe du nom de Guillaume Apollinaire. La guerre, comme une muse tragique, fascine l'auteur d' Alcools. Pour Philippe Moreau, jeune paysan de Champagne, elle est une abomination qui a détruit à jamais son village.
Blessés le même jour de mars 1916, les deux soldats sont évacués à l'arrière et se perdent de vue. Philippe Moreau va tout faire pour retrouver son lieutenant. Une quête qui l'entraîne jusqu'à Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, où il croise Cendrars, Picasso, Cocteau, Modigliani, Braque...
Guillaume Apollinaire est mort il y a tout juste cent ans. À travers le regard attendri et critique d'un sacrifié de la Grande Guerre, Xavier-Marie Bonnot raconte avec puissance les dernières années de la vie de l'auteur du Pont Mirabeau.

Le Tombeau d'Apollinaire a reçu le prix du Roman historique.
Prix du Roman historique 2019

De (auteur) : Xavier-Marie Bonnot

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Expérience de lecture

Avis des libraires

" J'ai un jeu de bougies que j'allume dans une boîte à confiture percée d'une dizaine de trous. Ça me réchauffe et me charme. Une vraie fantasmagorie de petites lueurs qui dansent dans ce caveau. " Hiver 1915. C'est dans l'enfer des tranchées que le sergent Moreau s'émerveille de cet instant suspendu tandis que l'horreur est partout. Là aussi qu'il rencontre son nouveau chef, un drôle d'aristo étranger qui a du mal à s'imposer parmi ses hommes qui ne connaissent que trop bien le feu des premières lignes. Peu à peu, l'officier se dévoile à Moreau, lui parlant de ses amis peintres à Paris, de l'énigmatique Lou à qui il écrit des poèmes, lui révélant son nom de plume : Guillaume Apollinaire. Mais la guerre n'a que faire des poètes et fait aveuglément couler le sang. Blessés et évacués le même jour, Moreau et Apollinaire finiront par retrouver la vie et les lumières de Montparnasse. Un éveil pour l'un, les derniers jours de l'autre. Un roman en forme d'hymne à la vie, à l'art et à l'amitié. "|Marie Michaud
Librairie Gibert Joseph - 86 000 - 86 000 Poitiers
Nouvelle belle claque de la rentrée littéraire 2018 avec Le Tombeau d'Apollinairede Xavier-Marie Bonnot paru chez Belfond. Ceux qui nous suivent depuis longtemps connaissent mon attachement tout particulier pour les ouvrages traitant de la Première Guerre mondiale, un conflit aussi fascinant que monstrueux, une boucherie gigantesque mise en lumière ici par le destin croisé d'un anonyme avec un grand nom de la littérature française. Au programme, le récit âpre et sans concession de la guerre, les doutes et espoirs d'un homme perdu au cœur d'un conflit qui le dépasse, et la démobilisation et le milieu artistique en toute fin de la Grande Guerre.

Philippe Moreau, fils de paysan du Nord âgé d'à peine 20 ans est appelé sous les drapeaux dans le 96ème régiment d'infanterie. Séparé de sa famille par la force des choses, un peu gauche et timide, il est envoyé en première ligne où il est plongé dans la fureur des combats. Côtoyant quotidiennement la mort, le doute s'installe très vite en lui face à ce massacre organisé qu'il trouve de plus en plus vain. Il trouve un peu de réconfort dans la camaraderie qui s'instaure instantanément entre les poilus, l'alcool que l'on partage réchauffant l'âme et le cœur mais aussi le dessin qu'il pratique depuis tout gamin et par lequel il retranscrit les scènes de vie et de guerre auxquelles il assiste.

En novembre 1915, son existence va basculer lorsqu'un nouveau gradé prend en main son escouade. Il s'agit de Guillaume Kostrowitzky (aka Apollinaire) qui s'est engagé dans le conflit pour servir la France, devenir français et aussi voir de plus près la guerre, événement qui le fascine et flatte son esprit patriotique. Se noue alors entre les deux hommes une relation étrange et complexe, solidarité entre les combattants, admiration du provincial pour l'artiste à la grande renommée, le partage de visions artistiques qui se croisent sans jamais vraiment se rapprocher (l'un écrit, l'autre dessine), les coups de gueule et les coups de blues. Puis vient le jour, où ils tombent tous les deux au champ d'honneur et sont séparés lors de leur convalescence. Après s'être remis, le jeune homme part sur Paris à la recherche de son lieutenant, il découvrira la ville lumière et sa situation critique pendant la deuxième partie de la guerre, il croisera des grands noms de l'époque, commencera à révéler son talent artistique, apprendra beaucoup sur lui-même.

La première partie du roman est une très belle évocation de la guerre des tranchées. Crue, violente et pathétique, on est pris à la gorge par le récit qui fait la part belle aux descriptions des assauts, aux longues périodes d'attentes, aux atermoiements de l'Etat-major et le quotidien désespérant d'hommes du commun envoyé au massacre sans vergogne. D'une rigueur historique de tous les instants, on retrouve ici toutes les qualités de grands classiques du genre avec un souci du détail impressionnant et de très beaux tableaux psychologiques qui donnent une âme aux personnages traversant ses pages comme des esprits errants tant la peur, la souffrance et la folie les guettent ou les a déjà pris. Pas de manichéisme, pas de voyeurisme non plus, le simple récit d'existences broyées par la soif d'honneur et de pouvoir. Quand le personnage sera blessé et envoyé à l'arrière, il ne sera définitivement plus le même, habité par un dégoût et un écœurement qui le marquera à vie.

Au milieu de ce déchaînement de fureur, le lecteur apprécie les échanges pleins d'humanité entre le sergent Moreau et le lieutenant Apollinaire. Même si ces deux là ne se comprennent pas toujours, un respect et une écoute s'installent entre eux. Le grade ne change rien, ils vivent une expérience traumatisante qu'ils se doivent de partager pour tenir le coup et rester humain au milieu de la folie environnante. Amour de la patrie et exacerbation du courage humain d'un côté se confrontent avec la désolation, la peine de voir tant de jeunes âmes fauchées ou mutilées avant l'heure dite de l'autre. L'art, l'expression des sentiments relient ces deux êtres qui vont se croiser et se recroiser tout au long du récit.

La deuxième partie du roman traite du séjour à Paris de Philippe Moreau suite à sa démobilisation. Blessé à la tête, il ne recombattra pas, il en éprouve un soulagement sans borne teinté de honte face à tous les autres compagnons restés au front. Errant dans Paris, il explore les arcanes des milieux artistiques de l'époque, ses dessins avaient frappés Apollinaire qui l'avait enjoint à se faire connaître auprès de ses amis dès son retour à la vie civile. Il traînera avec Apollinaire entouré de sa cours (le bonhomme est un peu fat sur les bords), deviendra copain avec Blaise Cendrars (un de mes auteurs préférés), rencontrera l'amour. C'est l'occasion pour l'auteur de nous fournir un portrait saisissant du Paris de l'époque, entre insouciance bohème et la menace insidieuse des bombardements qui perdurent. La guerre est à la fois proche (explosions, rationnements, veuves en noir et mutilés de guerre) et lointaine (la vie semble suivre son cours quasiment normalement dans les milieux aisés), j'ai adoré cette partie qui comme un bilan vient clôturer de fort belle manière cet épisode de vie haut en couleur, touchant et éclairant sur les traumatismes liés à la guerre.

Vous l'avez compris Le Tombeau d'Apollinaire est essentiel dans son genre surtout qu'il est servi par une science de la narration d'une fluidité incroyable qui provoque une empathie totale. On vit littéralement l'histoire, on est touché en plein cœur par ses personnages heurtés, bousculés par l'Histoire. L'écriture limpide, accessible, qui alterne fiction et petits extraits des vers d'Apollinaire (et d'autres artistes d'ailleurs) donne une profondeur, une sensibilité hors norme à un roman qui fera date j'en suis sûr dans l'évocation d'un conflit dont on fête cette année les 100 ans. Un petit bijou d'humanité et d'inhumanité à lire absolument.|Mr. K
Le Capharnaüm éclairé
A part la couverture qui n'est vraiment pas belle pour moi, encore qu'elle puisse refléter la noirceur du sujet, ce roman est un véritable bijou.
C'est un vibrant hommage rendu à Apollinaire mais aussi à ses camarades des tranchées. Nous sommes en compagnie de ses hommes qui tentent de survivre pendant la grande Guerre.
Philippe Moreau dessine les horreurs qu'il vit et dont il n'arrive pas à parler. Son lieutenant Guillaume de Kostrowisky signe des poèmes et des lettres sous le nom de Guillaume Apollinaire.
C'est dans l'horreur des tranchées que mourront certains de leurs compagnons et que nos deux personnages seront blessés le même jour.
Evacués ils se perdront de vue mais Philippe Moreau n'aura de cesse de retrouver son lieutenant et c'est dans le Paris de Saint Germain des Prés et de Montparnasse où fleurissent les artistes qu'il le retrouvera et qu'il croisera des personnages comme Blaise Cendrars, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Modigliani et tant d'autres.
Toute cette quête partie des tranchées et poursuivie à Paris est d'une force et d'une noirceur terribles.
Heureusement la poésie d'Apollinaire apporte des touches de couleur et de lumière dans cette atmosphère terrifiante.
Un roman fort, très fort qui encore une fois nous rappelle qu'il ne faut pas oublier tous ces hommes qui ont donné leur vie pour libérer la France du joug allemand.

Un très grand merci aux Editions Belfond et à NetGalley pour cette lecture passionnante.
L'évasion et les mots
Novembre 1915. Nous sommes dans la Marne, dans les tranchées, en première ligne. Le sergent Philippe Moreau accueille le nouveau lieutenant : Guillaume de Kostrowitzky. Sang bleu apatride, l'homme fait sensation dans les tranchées. Il a quitté l'artillerie pour venir se colleter au combat, à l'avant.

Philippe ressent à la fois de l'attirance et de la méfiance pour cet homme cultivé qui semble passer son temps à écrire et à déclamer de la poésie. Philippe, lui, est fils de paysans, le seul de sa famille à avoir obtenu le baccalauréat. Il est dessinateur autodidacte.


Y-a-t-il de la poésie dans la guerre, du beau dans l'horreur ? Car l'horreur nous y sommes plongés. Nous accompagnons Philippe et Apollinaire ainsi que leurs compagnons d'infortune au milieu des tranchées. Dans ces boyaux où il faut non seulement subir la mitraille de l'ennemi mais aussi les assauts de la vermine. Une vie faite d'attente et de peur.
" En ligne, on s'ennuie surtout. On a toujours l'impression que son futur va s'éteindre tantôt, à la première attaque. On vit petitement avec des rêves grotesques. À chaque instant, le feu peut s'abattre sur nous et bousiller nos pauvres vies. On subsiste en n'étant rien. De notre poitrine, on fait rempart de la bêtise de l'ennemi. C'est à la fois comique et tragique. Cosmique et concret. L'essentiel de notre fortune. "
Ces deux hommes que tout oppose : milieux sociaux différents, visions de la guerre divergentes, l'un exalté par la dimension poétique du conflit, l'autre dégoûté par tout ce dont il a été témoin, vont se lier d'amitié. Leurs discussions artistiques, leur admiration réciproque vont les aider à tenir dans cet enfer.
Touchés tous deux à quelques minutes d'intervalle, Philippe et Guillaume sont évacués. Blessés au crâne, la guerre est terminée pour eux. Guillaume sera transporté vers Paris quant à Guillaume c'est à Chalons sur Marne qu'il sera soigné. Une fois sur pieds, le jeune dessinateur rejoindra Paris à la recherche de Guillaume. Son monde n'existe plus. Son village, ses terres sont ravagés, un cimetière à ciel ouvert. Il va essayer de s'intégrer aux milieux culturels parisiens dont l'une des principales têtes d'affiche est Guillaume Apollinaire.
Avec Le Tombeau d'Apollinaire, Xavier-Marie Bonnot signe l'un des livres les plus marquants que j'ai lu sur la première guerre mondiale. On y voit ces poilus, pauvre pions sacrifiés sur l'échiquier inhumain de la géopolitique. Ces victimes d'un combat décidé par les puissants bien au chaud dans leurs cabinets ministériels. On y voit aussi la vie à l'arrière, à Paris, où la vie culturelle malgré la menace des bombes continue vaille que vaille. Le tombeau d'Apollinaire, c'est aussi celui de tous ces hommes morts au combat, ces compagnons d'Apollinaire à qui un vibrant hommage est rendu. C'est aussi la fin d'un monde, la fin réelle du XIXème siècle dans le domaine des arts et de la culture et le début d'une ère nouvelle dont Apollinaire a été l'un des précurseurs.
En ce centenaire de la fin du premier conflit mondial et du décès d'Apollinaire, je ne peux que vous recommander la lecture de ce fabuleux roman porté par la très belle plume de Xavier-Marie Bonnot.
" Je peins parce que j'ai eu mille vies avant d'en finir une. Je peins par indélicatesse, pour le sang qui a coulé. Parce que j'ai tué. Pour les gifles et les caresses. Parce que le silence du monde me pille, qu'il fait nuit sur la terre de givre, quand les corps se mélangent à la glaise. Parce que la fleur meurtrie se cache sous le gel de novembre. C'est comme penser à la semence, au blé d'hiver qu'il faut mettre en terre avec patience. "
Un grand merci à Netgalley France ainsi qu'aux Éditions Belfond de m'avoir permis de découvrir ce bijou.
Les lectures du hibou
Je vous présente ce qui est à mon sens le plus beau et terrible roman sur l'immonde conflit de 14/18 , l'un des plus forts, des plus puissants! Il narre, sous la plus plume brillante et acérée de X.M. Bonnot , dont je recommande vivement l'ensemble de l'oeuvre, les dernières années de la vie du grand poète Apollinaire ( vous l'aurez compris!) mais aussi et surtout sa rencontre fortuite et improbable au milieu de cette immense boucherie avec un jeune paysan qui s'est retrouvé comme des millions d'autres emporté dans cette folie "humaine, trop humaine"! Raconté à la première personne par ce fantassin sous une langue magnifique, la première partie se déroule sur le front de Champagne avec ses horreurs indicibles, ses peurs insondables! Mais ce jeune soldat malgrè lui posséde un don inné, celui du dessin, qui va le rapprocher de son gradé poète. Ils vont aussi par un incroyable hasard être gravement blessés quasiment au même moment et tous deux à la tête! Tous deux sauvés in extremis, ils vont être déclarés inaptes à tout service! Pour la seconde partie, Philippe ( car tel est le prénom du narrateur) décide de monter à Paris et de retrouver son sous-lieutenant, se mettant ainsi à fréquenter l'avant-garde artistique du moment , lui le petit paysan de la plèbe, les Cendrars, Cocteau, Modigliani, Max Jacob, Derain, Breton, toute une galerie de portraits d'une rare densité et d'une vérité passionnante, tandis qu'à quelques portées de kilomètres, les morts continuent de s'empiler dans une horreur indescriptible! Drôle de condition humaine, où l'indifférence se mêle à la frivolité! "Aucun n'est parti dans la nuit. Même les enterrés vivants.Les étripés.Même les retardataires." "Elle sait, cette femme, qu'il n'y a rien derrière les fusées éclairantes qui se prennent pour des comètes ou la philharmonie des obus. Que c'est vide derrière les aboiements de l'humanité." "La guerre danse, salope, jupe relevée, autour de cette cité, au rythme des grandes salves, des galopades, des ambulances qui vont et viennent. La ronde des hommes bousillés, en transit. Certains ne vont pas plus loin et partent en hémorragie,en arrêt du coeur. D'autres filent à la maison des fous,sans fenêtres, des canonnades dans l'âme, pour toujours." "J'ébauche aussi le Paris des nantis, l'arrière qui n'a guère faim ni soif, mais qui s'inquiète. Cet arrière veut jouir, bander, jouer et foutre.Il n'est pas en deuil, pas même en colère, juste trouillard." "Les hommes ne vivront pas ensemble, mais côte à côte, toujours avec la même cruauté. La guerre reviendra un jour." "Des gens devenus rien. La victime est toujours coupable". C'est fou ce que ce dernier extrait a une résonnance toute contemporaine, vous ne trouvez pas?? Et vous l'aurez forcément compris, cet opus n'est ni un polar, ni un thriller, même pas un roman noir, mais simplement et profondément la brillante et effarante narration de cette effroyable capacité autodestructrice de l'Homme, sous une plume virtuose et c'était, à titre exceptionnel, mon infinitésimale contribution au centenaire de cet immonde conflit mondial !
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Polar maniaque
L'horreur de la grande guerre est présente dans toutes les pages de ce livre. Cependant, c'est surtout l'histoire d'une rencontre. Tout d'abord celle de deux hommes. Ce jeune sergent qui a froid, qui a faim et pour réussir à supporter ce qui l'entoure, il ingurgite de l'alcool. Essayer de comprendre ce qu'il fait là et obéir aux ordres fusil à la main. Les puces, les rats et les morpions font aussi partie de ses compagnons. Chaque jour, il voit disparaître trop de gars qui comme lui n'aspiraient qu'à de jours meilleurs.

Il va côtoyer ce sous-lieutenant, cet être bizarre, poète et écrivain, toujours un papier à la main. Une rencontre particulière au milieu du chaos et des bombes . Philippe sera fasciné par la personnalité de Guillaume de Kostrowitzky.

La seconde partie de ce livre nous entraîne dans certains quartiers de Paris où Philippe Moreau et Guillaume de Kostrowitzky se retrouvent après avoir été blessés et démobilisés. La culture, la poésie, les idées artistiques vont se côtoyer avec Modigliani, Cendrars, Cocteau .... et la passion de Philippe pour le dessin va s'affirmer.

Un livre profondément humain où l'auteur arrive à nous faire entrevoir la lumière au milieu de la guerre. Découverte de talents, échange d'idées et de passion toujours plus affirmées. La mort rode, mais la vie, l'amour sont là pour atténuer la douleur de la guerre.

Un très bel hommage à Apollinaire, aux artistes et à ceux qui ont connu les horreurs de cette guerre. Xavier Marie-Bonnot a réussi un très beau roman, qui devrait être étudié dans certains cours pour la beauté de l'écriture et le sujet bien détaillé et sans longueurs.
|Laurence Destribats
Pause Polars
A travers le prisme de Philippe Moreau, le lecteur découvre notre poète au front. Nous sommes en novembre 1915, Guillaume est un sous-lieutenant fantasque. Sous les bombes et les tirs, il déclame, écrit, réfléchit. Homme de lettres, il est sans cesse animé par ce feu, cette ire divine. Philippe admire cet homme, capable de faire abstraction de l'horreur de la guerre. Lui, dessine. Ce qu'il voit : la sang, la perte, l'effroi, les gestes en suspension, la tristesse ...

Entre les deux hommes, un lien se tisse : ce sont des artistes qui se comprennent ... Le hasard veut qu'ensuite ils soient tous les deux blessés à la tête. Une fois guéri, Philippe montera sur Paris pour retrouver son Kostro, et continuer cet échange commencé durant la guerre. Mais leur amitié née à l'Est sous les bombes perdurera-t-elle à Paris ?

Si Le tombeau d'Apollinaire parle de notre poète national, le roman parle davantage de l'art en général. Comment créer, dans quelle condition, sous quel angle, mais aussi quelle approche " courtisane " avoir. Philippe Moreau est le candide. Le néophyte. Élevé dans une famille paysanne, il n'a reçu aucune éducation artistique, mais il possède un don. Une façon de regarder et de transcrire le monde qui lui est propre. Notre jeune soldat admire son sous-lieutenant qui, lui, a reçu une solide éducation artistique, sait faire fi de la guerre et de ses atrocités, et arrive à penser encore à l'amour, à Lou, ou Madeleine ... Au contact de ce prince des nuées, Philippe apprend, fasciné.

Le tombeau d'Apollinaire est une fine peinture de Paris pendant la grande guerre, de cette plaque tournante des arts qui verra l'émergence de nouveaux courants. Outre Apollinaire, le lecteur croise aussi Cendrars, Modigliani, Cocteau ... Une belle effervescence règne, les idées fusent, les esprits s'entrechoquent. Les artistes sont des sensibles qu'un rien écorche. Philippe est aussi de ceux-là. A sa manière. Dans sa manière de croquer ses dessins comme la vie, d'être en décalage avec Mireille, par exemple, femme animée par son commerce et l'argent.

Xavier-Marie Bonnot ne se contente pas ici de parler d'Apollinaire. Il en fait le symbole d'une époque. A la lisière du monde ancien et du monde nouveau. Lui aussi est un artiste et une personne qui se cherche, à l'instar de Philippe. Roman sur la création, le don, le talent, le tombeau d'Apollinaire est aussi un récit sur l'amitié, sur la fluctuation des âmes, mais aussi sur leur fragilité. Un roman riche qui sait à la fois nous parler d'Apollinaire, tout en s'en détachant. Philippe est ce candide qui promène son talent et ses dessins à travers un Paris à la fois meurtri et plein d'un nouveau feu.

Atrocités du front, amour de la littérature, don, talent, amitié, amour tout court, création, don de soi : le roman est d'une richesse insoupçonnée et bluffante. Un plaisir de voyager sur les lignes de Xavier-Marie Bonnot, car il nous livre ici un réel voyage romanesque. Un récit foisonnant : Le tombeau d'Apollinaire possède autant de trésors que le tombeau d'un pharaon ...
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Fiche technique du livre

  • Genres
  • EAN
    9782714480606
  • Collection ou Série
    Belfond Pointillés
  • Format
    Grand format
  • Nombre de pages
    400
  • Dimensions
    191 x 135 mm

L'auteur

Xavier-Marie Bonnot

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19,00 € Grand format 400 pages