Never Mind : Le livre de Gwenaële Robert
C'est le soir de Noël, il flotte dans Paris une atmosphère joyeuse. Personne ne se doute que dans la rue Saint-Nicaise, une charrette et un cheval tenu par une petite fille vont exploser, atteignant tous les passants alentour. Sauf Napoléon, le seul visé.
Le futur empereur veut punir ses opposants et Fouché en déporte plus de cent. Mais les véritables coupables demeurent introuvables. Parmi eux, Joseph de Limoëlan subit les pires remords. Fouché n'aura de cesse de le traquer.
Avec un brio remarquable, Gwenaële Robert saisit ce moment exceptionnel où un nouveau régime s'installe alors que le sang de la Révolution n'est pas encore sec. Au coeur de ces remous, elle se plaît à imaginer le quotidien d'anonymes qui ne mesurent pas toujours l'ampleur des événements politiques dont ils risquent d'être victimes.
De la chambre de Joséphine aux fossés de Vincennes, de la Bretagne aux Seychelles, des souterrains de Paris aux rivages de l'Amérique, Never Mind est un roman au souffle puissant qui fouille l'Histoire et le coeur surprenant des hommes.
De (auteur) : Gwenaële Robert
Ressources
- Never Mind - 1er chapitre Télécharger
Expérience de lecture
Avis Babelio
Pat0212
• Il y a 2 semaines
Un excellent roman historique sur une période que je connaissais peu, l’auteure dit en introduction qu’il s’agit d’un roman et qu’il ne faut pas en attendre la rigueur d’un essai, pourtant le contexte est vraiment très fouillé et documenté, elle connaît son affaire et m’a entraînée avec plaisir en ce début du règne de Napoléon, qui est alors Premier Consul. Le 24 décembre 1800 (les dates sont données selon le calendrier révolutionnaire et ça m’a bien embrouillée !), Napoléon et Joséphine se rendent à l’opéra. Dans la rue Saint Nicaise, une machine infernale explose, ratant de peu sa cible, mais tuant une vingtaine de personnes, en blessant encore plus et détruisant une partie du quartier. Napoléon n’a pas d’états d’âme et fait une entrée triomphale à l’opéra. Il est persuadé que les Jacobins sont les coupables et demande à Fouché, ministre de la police de les punir sévèrement. L’homme ne doute pas qu’il s’agit des Royalistes, mais il ne va pas se priver de frapper tous les ennemis du régime en même temps. Nous suivons principalement Fouché, Napoléon et Joseph de Limoëlan, l’auteur de l’attentat. C’est un ancien chouan, l’attentat a raté parce qu’il a tardé à donner le signal à cause d’une petite fille qui tenait le cheval sur ordre d’un de ses complices, ce qu’il ignorait, il ne peut se résoudre à tuer une enfant, mais ses collègues ont moins de scrupule. L’auteure mêle la petite histoire à la grande en dépeignant le vie de la population. Cette plongée dans les rues de Paris est vraiment passionnante. Les nombreuses victimes collatérales du drame prennent vie, les beaux jours de la Révolution sont déjà loin, l’avenir est incertain et les passions pas encore refroidies. Le jour de l’anniversaire de la mort de Louis XVI, les Royalistes croisent les Jacobins, les uns lisant le testament du roi, les autres préparant un festin révolutionnaire, mais le climat est à la peur et chacun fait profil bas. Ce climat très lourd et répressif se sent tout au long du roman, Napoléon et ses sbires ont eu de la chance que la CPI soit de la musique d’avenir. On suit un des déportés, tout le monde sait qu’ils sont victimes d’une injustice, mais on ne peut que s’incliner face au fait du prince. Napoléon n’est du tout campé en grand homme mais en tyran cruel qui n’hésite pas à faire couler le sang pour affermir son pouvoir. Fouché est assez étonnant, se montrant manipulateur et sans pitié, même quand il sait avoir tort mais aussi bon mari et bon père. J’avoue qu’il m’a fait penser à certains nazis, capables du pire mais plein d’amour pour leur famille. Le personnage principal, Joseph est vraiment intéressant, sa psychologie est très fouillée et convaincante. Il se refuse à tuer une enfant innocente pour supprimer le tyran et portera toute sa vie le deuil des plus de cent victimes collatérales dont il se sent terriblement coupable. Il échappe au châtiment et se rachètera des années plus tard. Il entrevoit un bonheur possible, mais le refuse pour se punir. Il est très touchant, sa vie est une suite d’échecs cuisants. L’attentat a eu l’effet contraire au but recherché, il a renforcé le pouvoir de Bonaparte et anéanti l’opposition. Je connais peu le contexte et j’ai beaucoup aimé ce roman qui m’y a plongé. Les chapitres sont courts, on passe sans cesse de la grande à la petite histoire et l’intérêt pour cette intrigue ne se relâche pas. Tous les personnages sont bien décrits et vivants, les bourgeois, les petites gens, les révolutionnaires déçus, les prostituées, ainsi que le climat politique très lourd et oppressif du moment. J’aurais toutefois apprécié que certaines dates soient données dans notre calendrier, pour m’y retrouver. #NeverMind #NetGalleyFrance !
MimiBrg
• Il y a 3 semaines
Comment peut on dire que cela ne fait rien, que ce n'est pas grave, never mind ! lorsque l'on nous raconte la tentative d'assassinat de Napoléon et ses funestes consequences ? Mais il faudra un peu de patience et attendre les dernières pages du livre pour avoir l'explication du choix bizarre de cette expression anglaise comme titre ! Avec ce récit, Gwenaële Robert nous propulse dans une période de notre histoire de France assez complexe. Elle plante le décor : on est à Paris, rue Saint-Nicaise, le soir du réveillon de Noël de l'an 1800. Le plus célèbre de nos corses n'est encore que 1er Consul. Cette nuit là, il se rend à l'opéra avec sa famille. Une énorme explosion a lieu à l'approche de son carrosse mais le veinard s'en sort indemne. Malheureusement, tout le monde n'a pas sa chance. Ce fut une vraie boucherie pour le petit peuple se trouvant au mauvais moment dans cette rue. Il y aura de nombreux blessés et des morts dont la petite Marianne qui tenait le cheval porteur de la machine infernale. Est-ce l'œuvre des jacobains ou des royalistes ? Le "sympathique" Foucher, ministre de la police, va se faire un devoir, voir un plaisir, de trouver et punir les coupables. Et il n'hésite pas à déporter et à guillotiner. Il ne fait pas bon être républicain ou chouan en cette année. L'un de ces vendéens : Joseph de Limoëlan, responsable et témoin de la tuerie, va essayer d'échapper à la traque des policiers. Mais après cette horrible soirée, il va être hanté par l'image de la petite victime innocente. Ce roman historique est très bien construit. Il est rythmé, intéressant, très bien documenté, il m'a juste fallu un petit temps d'adaptation pour me repèrer dans toute cette galerie de personnages.
soff78
• Il y a 3 semaines
Noël 1800. Même si cette journée très chrétienne n’est plus guère célébrée, Bonaparte, premier consul, emmène sa famille à l’Opéra. Passant par la rue Saint-Nicaise, il est victime d’un attentat à la bombe. Si le carrosse consulaire est quai indemne, les morts parisiens jonchent le pavé, et les blessés se comptent par dizaine. Alors, qui a osé s’en prendre à Bonaparte ? Les jacobins, qui ne jurent que par la République et qui voient mal ce militaire corse servir leurs intérêts ? Les royalistes, qui veulent à tout prix mettre le frère de Louis XVI sur le trône ? C’est ce que Fouché, ministre de la Police, devra élucider, et vite, car il faut montrer la fermeté du premier consul au peuple, et tuer dans l’œuf toute velléité de révolte. Si certains coupables seront arrêtés, Fouché courra toujours après Joseph de Limoëlan, petit aristocrate breton, ancien chouan et grand nostalgique royaliste. Plein de remords face aux morts provoqués par l’attentat manqué, il restera en cavale, désespérément seul. Lire un roman historique de Gwenaële Robert, c’est la garantie d’un moment plein de fougue et de rebondissements. Celui-ci ne fait pas exception, à ma plus grande joie. Nous voici en 1800, période bancale entre une révolution qui n’a pas vraiment tenu ses promesses malgré le sang versé, et un nouveau régime qui cache encore bien des subtilités. Bonaparte n’est pas encore Napoléon, mais il fait tout pour montrer sa puissance en Europe et son intransigeance en France. Fouché l’a bien compris, et sert scrupuleusement le premier consul. Il n’hésite d’ailleurs pas à profiter de cet attentat de Noël 1800 pour faire déporter une centaine de jacobins qui n’y sont pourtant pour rien. Les vrais coupables ont la vie un peu plus dure, mais il ne faut pas que le peuple pense que la Police est prise en défaut. Ce Fouché est un personnage froid et pragmatique, que seule sa famille peut attendrir. Issu de la Révolution, il a su garder les bons contacts et les indics qui le font réussir à tous les coups. Néanmoins, pour le cas qui nous intéresse, Joseph de Limoëlan lui pose un problème. Introuvable, le jeune trentenaire, royaliste dans l’âme, nous apparait comme un tourmenté, un jusqu’au-boutiste qui sait que sa vie peut être sacrifiée à tous moments. Qu’importe, éliminer Bonaparte est essentiel au retour du roi. Alors l’échec de l’attentat et les morts qui en ont résulté le remplissent de remords, particulièrement à cause de la mort de la fillette qui tenait la charrette pleine d’explosifs. Ne pouvant rester à Paris, échappant toujours aux policiers, sa vie se finira dans la charité chrétienne, bien loin de ses racines… La grande force de l’auteure est d’avoir su développer ses événements réels dans le contexte parisien de l’époque. Haussmann n’est pas encore passé par là, Paris est aussi sale qu’il sent mauvais, la Seine draine tout et n’importe quoi. La population, déçue des changements apportés par la Révolution, vit aussi misérablement qu’avant. Une petite bourgeoisie tente bien de sortir la tête de l’eau, encouragée par l’entreprenariat mis à la mode. Les aristocrates, pardonnés d’avoir fui la guillotine, reviennent en France, souvent ruinés, sans perspective que les bons mariages de leurs enfants. Ce plongeon dans le Paris de 1800 est saisissant de vérité et on est facilement embarqué dans les cafés, les jardins, les bords de Seine. Et c’est dans toute cette population qui hésite que vont se trouver des exaltés qui ne peuvent se résigner. Ils vont commettre un attentat, entrainant avec eux pas mal de dommages collatéraux qui s’ignorent. Avoir connu de près ou de loin les coupables peut vous valoir au mieux l’arrestation, au pire la guillotine… Gwenaële Robert a une nouvelle fois fait mouche avec ce « Never Mind ». Avec son écriture très vivante et ses tableaux de Paris si précis, on est emporté par cette histoire d’attentat raté aux conséquences de grande ampleur. Voilà une auteure que je vais continuer à suivre, me garantissant ainsi des moments de lecture exaltants.
tomjoad33
• Il y a 1 mois
En ce soir de Noël 1800 Napoléon avec Joséphine et sa fille Hortense se rendent à l'opéra. Soudain, rue Saint-Nicaise une formidable explosion se fait sentir. Napoléon et ses proches sont sauf. Mais L'explosion à fait des morts civils, dont une petite fille. Pour Joseph de Limoëlan, ancien chouan et catholique, c'est la catastrophe. Lui, l'instigateur de l'attentat, rater Napoléon, mais surtout faire tuer une petite fille un soir de Noël, c'est pour lui un déchirement et des remords pour la vie. Sous les ordres du chef de la police J Fouché, l'enquête va vite faire le ménage. Car en plus de chercher J de Limoëlan et ses complices, Napoléon veut en profiter pour "liquider" quelques opposants jacobins. Tout le roman est construit en courts chapitres, autour des différents personnages concernés. Il fait parler Napoléon et Fouché bien sûr, Limoëlan, mais aussi quelques innocents pris dans la nasse. Un bon roman choral qui fait le tour de la question du fameux attentat de la rue Saint-Nicaise. À lire.
Avis des membres
Fiche technique du livre
-
- Genres
- Romans , Roman Historique
-
- EAN
- 9782221242209
-
- Collection ou Série
- Les Passe-Murailles
-
- Format
- Grand format
-
- Nombre de pages
- 352
-
- Dimensions
- 224 x 129 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
20,00 € Grand format 352 pages