Ce cauchemar qui n'en finit pas : Le livre de Pierre Dardot, Christian Laval

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La Découverte

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Comment expliquer l'insolente victoire des forces pourtant responsables de la crise économique de 2008, l'une des pires depuis 1929 ? Comment expliquer que, en dépit du chaos qu'il a généré et des désastres qu'il continue de préparer, le néolibéralisme soit sorti renforcé de la crise ? Pour Dardot et Laval, le néolibéralisme est tout autre chose qu'une théorie qui aurait " failli " : c'est un véritable mode de gouvernement des sociétés, en train de réaliser la sortie de la démocratie.

Comment expliquer l'étrange survie des forces pourtant responsables de la crise économique de 2008, l'une des pires depuis 1929 ? Comment expliquer que le néolibéralisme soit sorti renforcé de la crise ? Au moment de son déclenchement, nombre d'économistes parmi les plus célèbres avaient hâtivement annoncé sa " mort ". Ils n'ont vu dans la poursuite des politiques néolibérales que le résultat d'un entêtement doctrinal.
Pour Pierre Dardot et Christian Laval, le néolibéralisme n'est pas qu'un simple dogme. Soutenu par des oligarchies puissantes, il est un véritable système politico-institutionnel obéissant à une logique d' autorenforcement. Loin d'être une rupture, la crise est devenue un mode de gouvernement d'une redoutable efficacité.
En montrant comment ce système s'est cristallisé et solidifié, le livre explique que le verrouillage néolibéral a réussi à entraver toute correction de trajectoire par la désactivation progressive de la démocratie. Accroissant le désarroi et la démobilisation, la gauche dite " gouvernementale " a contribué très activement au renforcement de la logique oligarchique. Ceci peut conduire à la sortie définitive de la démocratie au profit d'une gouvernance expertocratique soustraite à tout contrôle.
Pourtant, rien n'est encore joué. Le réveil de l'activité démocratique, que l'on voit se dessiner dans les mouvements et expérimentations politiques des dernières années, est le signe que l'affrontement politique avec le système néolibéral et le bloc oligarchique a déjà commencé.

De (auteur) : Pierre Dardot, Christian Laval

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Expérience de lecture

Avis des libraires

Pierre Dardot et Christian Laval montrent en quoi le néolibéralisme est le produit d'une volonté politique plus que d'un processus économique. Après La nouvelle raison du monde (2009) et Commun (2014), le tandem Pierre Dardot et Christian Laval nous propose une passionnante analyse du processus néolibéral. Dardot, le philosophe, et Laval, le sociologue, posent d'emblée cette question en forme de paradoxe : pourquoi après tant d'échecs, tant de crises – notamment celle de 2008 – et tant de ravages, le système néolibéral ne s'effondre-t-il pas de lui-même ? Ils avancent une réponse qui sert de fil conducteur à leur essai au titre sombre : Ce cauchemar qui n'en finit pas. C'est que, loin d'affaiblir le système, les crises au contraire le renforcent et le radicalisent, au point qu'elles deviennent un " mode de gouvernement ". Inutile par conséquent d'espérer la " crise finale " qui terrasserait le système. La solution ne réside pas dans un effondrement soudain de l'édifice, mais dans l'invention d'une véritable alternative.
|Denis Sieffert
Politis
Ce cauchemar qui n'en finit pas. Comment le néolibéralisme défait la démocratie, ouvrage de Pierre Dardot et de Christian Laval, déconstruit parfaitement cette rationalité instrumentale mondiale qui s'évertue à produire une " sortie de la démocratie ", ou encore cette constitutionnalisation de droit privé qui fait des États les seuls garants du respect des règles de droit privé. L' " évidemment " de la démocratie est en marche et s'appuie sur la crise, comme mode de gouvernement. L' " auto-aggravation " de la crise est son meilleur moteur. L'État ne protège plus les populations mais le capital. Wendy Brown, rappellent les auteurs, a parlé de " dé-démocratisation consistant à vider la démocratie de sa substance sans la supprimer formellement ". Dans ce processus, la fabrication de la dette publique joue le rôle d'un véritable " nœud coulant ". Pourtant, nous savons depuis longtemps que le " rejet du fardeau " de la dette (en grec ancien, la seisachtheia) est un principe majeur dans l'émancipation des individus et des sociétés.
|Cynthia Fleury
L'Humanité
Voilà un essai qui résonne singulièrement avec l'actualité la plus immédiate. " Nous écrivons ce livre avec un sentiment d'urgence ", commencent les deux auteurs. L'urgence, c'est celle de l'accélération de la sortie de la démocratie et la nécessité de comprendre ce qui la rend possible. Reprenant leurs analyses développées en 2009 dans La nouvelle raison du monde, Dardot et Laval pensent le néolibéralisme non comme un ensemble de doctrines ou de politiques visant à affaiblir l'État, mais comme un système, une logique, une " raison-monde " qui s'impose à toutes les relations sociales. En concentrant la richesse dans les mains de quelques-uns, le néolibéralisme insécurise et discipline la population. Il fragmente la société et désactive la démocratie. C'est à partir de cette matrice de pensée que nos deux auteurs rendent compte du rôle que joue la crise comme mode de gouvernement.
|Céline Mouzon
Alternatives Économiques
Les deux auteurs Pierre Dardot, philosophe, et Christian Laval, sociologue, n'en sont pas à leur premier ouvrage à quatre mains : quatre livres depuis 2007. Dans ce cinquième, ils se penchent au chevet du néolibéralisme et des rapports problématiques que cette doctrine entretient avec la démocratie. Dès le titre, le ton est donné en qualifiant de " cauchemar " les effets négatifs du néolibéralisme sur les sociétés contemporaines. Mais les auteurs ne s'arrêtent pas à ce constat amer, ils décortiquent plus précisément les antagonismes apparents entre les régimes démocratiques et les vues néolibérales. Selon eux, le néolibéralisme, tel qu'il est défini par Hayek, dévoie le mot " démocratie ". Dans son acception néolibérale, le terme désigne la participation des citoyens au choix de leurs dirigeants, mais non à l'exercice du pouvoir, telle que se définissait la démocratie antique. Ainsi, le néolibéralisme s'est peu à peu imposé non seulement comme un dogme économique, mais comme un système politico-institutionnel dont il est devenu presque impossible de sortir. Partant de là, les auteurs s'interrogent sur la résilience étonnante du néolibéralisme, capable de résister à bien des crises, dont la dernière, et non des moindres, celle de 2008, qui semblait pourtant avoir sonné le glas de pratiques financières opaques. Par petits chapitres, qui sont autant d'entailles dans le tronc du néolibéralisme, ils analysent les relations de la démocratie avec le système capitaliste, le fonctionnement de l'Union européenne, les outils de la dette, avant de conclure sur un chapitre plus prospectif sur les pistes que pourrait emprunter une société réellement démocratique. L'utilisation de mots qui peuvent sembler barbares, tels qu'" ordolibéralisme ", " expertocratie " ou encore " dettocratie ", ne doit pas rebuter le lecteur, tant la démonstration reste didactique et accessible. Si le constat d'une incompatibilité entre démocratie et néolibéralisme peut paraître amer, l'ouvrage se termine néanmoins sur des notes d'espoir pour l'avenir : des idées presque nouvelles qui nous viennent... de la Grèce antique.
|Chloé Rébillard
Sciences Humaines

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Classiques et Littérature , Essais
  • EAN
    9782707188526
  • Collection ou Série
    Petits cahiers libres
  • Format
    Grand format
  • Nombre de pages
    252
  • Dimensions
    192 x 132 mm

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13,50 € Grand format 252 pages