La nouvelle école capitaliste : Le livre de Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux

Poche

La Découverte

0 personnes ont réagi

Ce livre montre de manière incisive que, depuis la fin des années 1970, la mise en place progressive d'une " économie de la connaissance " vise précisément à faire l'économie de la connaissance, c'est-à-dire à se passer de la connaissance lorsqu'elle n'a pas de valeur marchande à court terme.

Ce qui ressemble aujourd'hui à un sabotage de l'école – suppressions de classes, réduction des effectifs enseignants et appauvrissement de la condition enseignante – ne suffit pas à caractériser la mutation historique de l'école. Celle-ci ne joue plus seulement une fonction dans le capitalisme, comme l'ont montré les analyses critiques des années 1970 : elle se plie de l'intérieur à la norme sociale du capitalisme. L'" employabilité " est le principe et l'objectif de la normalisation de l'école, de son organisation et de sa pédagogie. L'école devient peu à peu un système hiérarchisé d'entreprises productrices de " capital humain " au service de l'" économie de la connaissance ".
Elle cherche moins à transmettre une culture et des savoirs qui valent pour eux-mêmes qu'elle ne tente de fabriquer des individus aptes à s'incorporer dans la machine économique. Les effets inégalitaires de la concurrence, la mutilation culturelle introduite par la logique des " compétences " ou la prolétarisation croissante du monde enseignant révèlent la perte d'autonomie de l'école par rapport au nouveau capitalisme et aux luttes des classes sociales autour de l'enjeu scolaire.
Dans ce livre de combat et de théorie, les auteurs renouvellent la sociologie critique de l'éducation en inscrivant les mutations de l'institution scolaire et universitaire dans celles du capitalisme contemporain. Ils entendent ainsi donner à tous ceux qui se sentent concernés par cette problématique éminemment politique les outils d'analyse pour construire une alternative convaincante et résolue.

De (auteur) : Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux

Fermer
 

Expérience de lecture

Avis des libraires

Ce n'est pas un énième livre sur l'école, un livre de "rentrée" de plus, que nous proposent ici quatre chercheurs membres de la Fédération syndicale unitaire (FSU). Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux et Christian Laval livrent une analyse fine de la mutation générale de l'institution scolaire vers ce qu'ils nomment "la nouvelle école capitaliste". [...] Une analyse percutante, une réponse conceptuelle et concrète aux interrogations des enseignants, qui chaque jour font l'expérience de cette métamorphose. Un livre utile pour tous les partisans d'une "insurrection des savoirs assujettis".

|Sophie Courval
Regards

D'après les auteurs, membre de l'Institut de recherche de la FSU, au-delà de la tentative de sabotage de l'école, on assise aujourd'hui à son envahissement par la norme sociale du capitalisme. Il n'est plus question de transmission de culture et de savoirs mais de fabriquer de individus aptes à s'incorporer dans la machine économique.

L'Humanité

La publication de La Nouvelle Ecole capitaliste devrait susciter, en cette période de rentrée, de fortes controverses tant le propos du ivre est important pour l'avenir de l'institution scolaire et universitaire, et la compréhension que nous pouvons en avoir. Quatre enseignants, chercheurs attachés à la Fédération syndicale unitaire, intellectuels engagés, s'appliquent en effet à démontrer comment la pénétration des normes néolibérales à l'école et à l'université conduit ces dernières à se soumettre au monde du travail dans sa version la plus capitaliste - là où les salariés adhérent aux lois du marché et à l'impératif de flexibilité. L'école doit donc former ceux ci à ce nouveau rôle social. Mais la pression de l'intérêt économique et financier est telle que ce ne sont pas seulement les institutions et leurs membres qui doivent se réformer, mais les savoirs eux-mêmes. [...] Le propos est radical, la démonstration convaincante.

|Vincent Duclert
La Recherche

Avec La reproduction de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970), L'Ecole capitaliste en France de Christian Baudelot et Roger Estabelet (1971) a longtemps dominé la sociologie critique de l'éducation. En montrant comment les enseignants participaient malgré eux au fonctionnement d'un système de classe en dispersant leurs savoirs, les auteurs ont révélé "la ruse de la raison scolaire" qui entretient l'illusion de l'autonomie de l'institution. Quarante ans plus tard, le système d'enseignement obéit à ce modèle originel en pire: nous sommes mêmes entrés dans un nouvel âge de l'école, celle que quatre chercheurs, Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux, appellent "la nouvelle école capitaliste".

|Jean-Marie Durand
Les Inrockuptibles

L'ouvrage offre un bilan bien informé et minutieux des mesures qui ont progressivement change les contours de l'école. On peut donc le lire comme une sorte de vade-mecum, clair et documenté, du néolibéralisme contemporain.

|Luc Boltanski
Le Monde

Si l'on admet que l'État est aujourd'hui " l'agent direct du basculement de la connaissance vers le modèle du marché ", en introduisant dans le système scolaire la concurrence, le souci de l'acquisition de compétences toujours au moindre coût et l'adaptabilité et l'employabilité comme seuls objectifs, alors il faut envisager de " construire une école pour une société débarrassée du capitalisme ". Tel est l'objet de cet ouvrage conçu par des chercheurs du syndicat FSU. Ce " sabotage " de l'école publique est en " cohérence " avec " les attaques contre les services publics et les métiers du lien ". À celui qui s'étonnerait de la " passivité d'une partie non négligeable des ensei- gnants, des étudiants et des parents ", il sera répondu que " l'un des objectifs des "néo-conservateurs' est la marginalisation ou la domestication des syndicats et l'éradication de toute possibilité de lutte collective efficace. " Pourtant, c'est toute la philosophie de l'enseignement qui est remise en question : " la finalité émancipatrice des savoirs, fondement idéal de l'école républicaine, est remplacée par la très prosaïque vente de soi sur le marché du travail. La violence symbolique d'une telle substitution commence à faire des ravages et engendre des résistances d'un genre nouveau. " Ainsi verronsnous " une extension de la lutte des classes " s'étendre aux professions " prolétarisées " que sont les métiers touchant " aux activités intellectuelles et relationnelles, la recherche, l'éducation et la santé particulièrement ".

|Daniel Casadebaig
Etudes

Livres du même auteur

Livres du même auteur

Les livres de la même maison

Fiche technique du livre

Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.

13,00 € Poche 288 pages