Le professeur : Le livre de Charlotte Brontë

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Orphelin depuis l'enfance, William Crimsworth étudie dans la prestigieuse école d'Eton, grâce à l'aide financière de sa famille.À la fin de ses études, il rejoint son frère aîné Edward, qui mène carrière dans l'industrie. Mais les deux frères ne s'entendent pas : victime du caractère irascible d'Edward, William choisit de s'exiler en Belgique. Une nouvelle vie s'offre à lui dans un pensionnat pour garçons à Bruxelles, où il devient professeur d'anglais.Intègre et pragmatique, William est vite remarqué. On lui propose d'enseigner également dans le " pensionnat pour demoiselles ". Sous le charme de sa directrice, Mlle Reuter, il lui ouvre son cœur... et apprend qu'elle est sur le point de se marier.Mais lorsqu'il s'éprend par la suite de Frances Henri, la professeure de couture, c'est Mlle Reuter qui en prend ombrage. Et un matin, sans prévenir, William apprend que Mrs Henri a changé d'établissement...

De (auteur) : Charlotte Brontë
Préface de : Catherine Rihoit
Traduit par : Henriette Loreau

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Expérience de lecture

Avis Babelio

katell

4.50 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Novembre chez Les classiques, c’est fantastique! mettait en avant des monuments de la littérature anglaise, et victorienne, dans une grande « battle »: Jane Austen et les soeurs Brontë. J’ai jeté mon dévolu sur un roman de Charlotte Brontë, oublié depuis des années sur les étagères de ma bibliothèque, « Le Professeur ». « Le Professeur » est le premier roman de Charlotte Brontë, premier roman refusé par plusieurs éditeurs puis édité à titre posthume en 1857. Il a été écrit avant « Jane Eyre » et paraît en France en 1858. William Crimsworth est orphelin depuis l’enfance et a été confié à ses oncles afin de recevoir une bonne éducation. Sorti diplômé d’Eton, le jeune William doit se trouver une situation puisqu’il a refusé le confort d’une cure accompagnée d’un mariage arrangé. Il se tourne vers son frère aîné, prospère industriel dans le nord de l’Angleterre. Ce dernier, homme bourru, méprisant envers les intellectuels issus des grandes universités, consent à le prendre sous son aile et l’embauche comme employé de bureau spécialisé en traduction de contrats commerciaux. Très vite l’incompréhension entre les deux frères se fait sentir au point que l’on s’attend à ce que William quitte son travail aliénant et rébarbatif pour d’autres cieux. Ce qu’il fait grâce à l’aide d’un homme d’affaires Hudson Yorke Hudson étrange qui lui conseille de partir pour Bruxelles où il pourra, sur sa recommandation, trouver un emploi d’enseignant. On suit, alors, William dans son apprentissage de professeur, on suit ses amours, ses passions, ses déboires et ses succès. La galerie de portraits des personnages intrigue et interroge car beaucoup de détails sont passés sous silence mettant la lectrice que je suis au supplice de la frustration littéraire : pourquoi Melle Reuter, jeune femme si attachée à sa réussite sociale et professionnelle, est-elle tombée amoureuse de William ? Pourquoi Hudson Yorke a-t-il décidé de suivre de loin, tel une ombre inquiétante et mystérieuse, l’évolution de William ? Quelques pistes sont disséminées dans le roman sans pour autant étoffer l’incarnation des personnages, principaux comme secondaires. William est un homme empreint de préjugés envers l’Europe continentale et ses critiques acerbes peuvent être insupportables, pour nous lecteurs du XXIè siècle : la description des fronts bas, des capacités d’apprentissage des Flamands est cruelle et infondée. En replaçant dans le contexte de l’époque, on comprend que pour un Anglais, même malmené par ses compatriotes, la civilisation n’existe qu’en Angleterre. Charlotte Brontë, dans ses descriptions de William, insiste beaucoup sur sa « vue basse » qui fait que sans ses lunettes les contours du monde sont dans le flou perpétuel et qui induit une absence de description des visages et expressions faciales des personnages. Est-ce pour cette raison qu’il vit dans le déni de beaucoup de choses ? Sa myopie concerne-t-elle seulement sa vue ? Cela lui permet-il de ne pas voir les ombres qui l’entourent ? Charlotte Brontë, dans ce premier roman, que l’on ne peut comparer à « Jane Eyre » ni à ses autres grands romans, pose les prémisses de son immense talent. Il n’y a pas de romantisme sombre et échevelé, comme dans « Jane Eyre », non, il y a du banal, de l’ordinaire, sublimé par les failles des non-dits entourant les personnages. A le lecture du « Professeur », on sait que l’esquisse produira de l’excellence. Toute la patte littéraire, extraordinaire et éclatante, de Charlotte Brontë est présente dans ce premier roman, fascinant dans ses imperfections. Sa lecture est intéressante et invite son lecteur, connaisseur de la bibliographie de l’autrice, à dénicher les pépites qui ne demandent qu’à être polies. Traduit de l’anglais par Henriette Loreau

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Classiques et Littérature , Littérature Classique
  • EAN
    9782352878995
  • Collection ou Série
  • Format
    Livre numérique
  • DRM
    Filigrame numérique

L'auteur

Charlotte Brontë

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