Le Monde d'hier - Souvenirs d'un européen -extraits- : Le livre de Stefan Zweig

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Première Partie

Incipit Hitler (Extraits)
Incipit Hitler (Auszüge)

" Ainsi, je suis dans l'incapacité de me souvenir quand j'ai entendu pour la première fois le nom d'Hitler, [...] le nom de l'homme qui a entraîné le plus de malheurs pour notre monde qu'aucun autre au cours de l'histoire. "

Deuxième Partie

L'Agonie de la paix (Extraits)
Die Agonie des Friedens (Auszüge)

" Il ne m'a été d'aucune aide d'avoir entraîné mon cœur durant presque un demi-siècle à battre au rythme universel d'un "citoyen du monde'. Non, le jour où l'on m'a retiré mon passeport, j'ai découvert, à 58 ans, qu'en perdant sa patrie, on perd bien davantage qu'un petit coin de terre délimité par des frontières. "

La série BILINGUE propose :
• une traduction fidèle et intégrale, accompagnée de nombreuses notes ;
• une méthode originale de perfectionnement par un contact direct avec les œuvres d'auteurs étrangers.

De (auteur) : Stefan Zweig

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Expérience de lecture

Avis Babelio

danaesanchouds

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 2 semaines

Excellent ouvrage biographique. Lecture facile et agréable, voire a couper le souffle. Je n’ai jamais lu un livre avec autant de pages aussi vite jusqu’à présent, il tient en haleine. À relire aussi souvent que nécessaire. En raison des pulsions humaines, il sera toujours d’actualité. La phrase qui a irrigué la série française « La fièvre » est quelque peu différente sur le papier, mais le fond y est fidèle.

jldg

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 2 mois

Le testament de toute une époque qui va de 1895 à 1941 assorti de sa propre réflexion d'observateur, mais vu de son « existence bourgeoise » malheureusement sans empathie pour le peuple. Il prend les provinciaux français pour un peuple aimable et naïf et les prisonniers russes pour des « hommes simples et primitifs ». Pour lui, « seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence a vraiment vécu. » Il a traversé la première partie du 20#7497; siècle en rencontrant tellement de personnalités des arts, de la culture et des sciences, mais en restant trop dans ce milieu. « Ce ne sont pas les temples merveilleux ou les paysages de l’Himalaya qui, au cours de ce voyage apportèrent le plus à ma formation intérieure, mais les hommes dont je fis la connaissance. » Herzl, journaliste, « l’un des premiers à parler d’un pays pour les juifs en Palestine », Freud, « qui niait le pouvoir de la culture sur les instincts » et pour qui « la barbarie, l’intérêt élémentaire de destruction ne pouvait être extirpé de l’âme humaine. » « Il n’y a pas plus de vérité à 100% que d’alcool à 100° », mais aussi Rilke, Romain Rolland, Valery… Zweig, « celui qui avait travaillé passionnément toute une vie à l’union des hommes et des esprits (..) sa tâche la plus intime à laquelle il avait consacré pendant 40 ans de toute la force de sa conviction, la fédération pacifique de l’Europe, était anéantie », au moment de la déclaration de guerre en 1939… Et dans ce testament, on ressent tout le long ce combat pour la paix et l’union des hommes. « Dans un pays en guerre, chaque coucher de soleil empourpré rappelle le sang répandu. » « Le faux héroïsme qui préfère envoyer les autres à la souffrance et à la mort, l’optimisme facile des prophètes sans conscience, politiques aussi bien que militaires, qui promettent sans scrupules la victoire, prolongent la boucherie(..) » Tous ces voyages l’ont persuadé, à juste titre, « c’est seulement dans l’amitié spirituelle entre les vivants que l’on pénètre les vraies relations entre le peuple et le pays, tout ce qu’on observe du dehors reste une image inexacte et prématurée. » Pour finir sur une touche humaine qui traverse ce testament qu’il faut lire, « ici (au brésil), l’homme n’était pas séparé de l’homme par les absurdes théories du sang, de la souche, de l’origine. »

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lafilledepassage

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 2 mois

« La véritable mission de l'écrivain est de sauvegarder et de défendre dans chaque homme l'humanité de tous. » C'est en gardant cette très belle citation – une parmi les 49 glanées ici et là lors de la lecture - à l'esprit que je rédige ce modeste billet. Ce monde d'hier, c'est avant tout l'inestimable héritage d'un témoin exceptionnel d'une époque particulièrement mouvementée pour l'Europe. Témoignage, et donc forcément subjectif, biaisé, incomplet, … mais néanmoins très éclairant sur notre histoire européenne commune. Car Stefan Zweig, né à la fin du XIXème siècle, a d'abord connu des années des triomphes incessants de la technique, de promesses démocratiques, de désirs d'union et de fraternité universelle, d'allégresse, d'optimisme, … qui sembleront tellement anachroniques aujourd'hui, à l'heure des catastrophes annoncées. Et puis il a assisté, avec énormément de naïveté d'ailleurs, à l'avènement de l'Union Soviétique : « c'étaient les hommes et la cordialité spontanée qui émanait d'eux. du premier au dernier ils étaient tous convaincus de partager une cause formidable qui concernait l'humanité entière, tous pénétrés de l'idée que les privations et les restrictions qu'ils devaient consentir étaient au service d'une mission supérieure. le vieux sentiment d'infériorité vis-à-vis de l'Europe s'était transformé d'un coup en fierté enivrante d'être en avance, en avance sur tous. Ex oriente lux - c'est d'eux que venait le salut, ils le pensaient en toute honnêteté et en toute sincérité. «La» vérité, ils l'avaient trouvée ; c'est à eux qu'était donné d'accomplir ce dont les autres ne faisaient que rêver. » Une opinion difficilement justifiable aujourd'hui en regard des millions de morts assassinés par le régime soviétique. Mais bien sûr les raisons pour lesquelles il faut lire le monde d'hier, c'est parce qu'on y assiste à la percée du nazisme. Il faut lire ce livre non pas pour comprendre le nazisme (y a rien à comprendre), ni pour l'expliquer et encore moins pour l'excuser, mais bien pour apprendre de l'histoire et ne pas répéter les erreurs qui ont conduit à l'horreur. D'abord, il y a le terreau propice de l'après première Guerre mondiale, avec l'extrême misère des vaincus, toute l'horreur des ravages de la guerre. Les morts, les infirmes, la famine, la misère, la ruine, …. « Chaque descente en ville était une expérience bouleversante ; je regardai pour la première fois une famine dans les yeux, des yeux jaunes et dangereux. le pain se désagrégeait en miettes noires et avait un goût de poix et de colle forte, le café était une décoction d'orge torréfiée, la bière une eau jaune, le chocolat du sable coloré, les pommes de terre étaient gelées ; pour ne pas oublier complétement le goût de la viande, la plupart des gens élevaient des lapins, dans notre jardin un gamin tirait des écureuils pour le repas du dimanche, et les chiens ou les chats trop bien nourris ne rentraient que rarement de promenades quand elles étaient assez longues. » Cela semble tellement lointain de penser que des Européens mourraient de fin il y a un peu plus d'un siècle. Mais aussi le sentiment de la tromperie, la désillusion, la perte de foi dans l'Etat, les institutions, les politiques (ça ne vous rappelle pas quelque chose, tout ceci ?) : « Quelque chose s'était brisé avec la défaite des armées ; la foi dans l'infaillibilité des autorités, dans laquelle on avait élevé notre propre jeunesse avec un tel excès d'humilité. », car « Comment faire encore passer pour sacré un code moral qui autorise quatre ans durant le meurtre et le pillage sous les noms d'héroïsme et de réquisition ? Comment un peuple pouvait-il croire aux promesses d'un Etat qui considère comme nulles et non avenues toutes les obligations vis-à-vis du citoyen qu'il juge incommodes? » C'est aussi la naissances des nationalismes (bien que le mouvement début à la fin du XIXème )et des frontières, avec en corollaire l'apparition de la xénophobie, « la méfiance pathologique de tous envers tous », « la haine ou du moins la peur de l'autre. On se défendait partout contre l'étranger, partout on l'excluait. Toutes les humiliations qu'autrefois on avait inventées exclusivement contre les criminels, on les infligeait maintenant à tous les voyageurs avant et pendant le voyage. Il fallait se faire photographier de droite et de gauche, de profil et de face, les cheveux coupés assez courts pour que l'oreille fut visible. […] ». Le nazisme s'installa alors insidieusement: « avec sa technique de l'imposture sans scrupule, [il] se gardait de montrer toute la radicalité de ses visées avant qu'on eût endurci le monde. Il appliquait donc sa méthode avec prudence : jamais plus d'une dose et après la dose une petite pause. On n'administrait jamais qu'une pilule à la fois, après quoi on attendait un instant pour voir si elle n'avait pas été trop forte, si la conscience universelle supportait encore cette dose. Et comme la conscience européenne – pour le malheur et la honte de notre civilisation – s'empressait de montrer que cela ne la concernait pas, parce que aussi bien ces « violences » avaient lieu « au-delà de la frontière », les doses furent de plus en plus fortes, jusqu'à faire périr l'Europe entière. Hitler n'a rien inventé de plus génial que cette tactique consistant à tâter précautionneusement le terrain et à augmenter progressivement les doses face à une Europe moralement et militairement affaiblie. » Et s'amplifie grâce à la propagande, « le rabâchage et le mensonge organisé ». Face à cela, les intellectuels et les autres Européens auront une attitude extrêmement naïveté: « On peut difficilement se débarrasser en quelques semaines de trente à quarante années de foi intime dans le monde. Ancrés dans notre vision du droit, nous croyions à l'existence d'une conscience morale allemande, européenne, universelle, et nous étions convaincus qu'il y avait un certain degré d'inhumanité qui s'éliminait une fois pour toutes devant l'humanité. Comme j'essaie ici d'être aussi honnête que possible, je dois reconnaitre que chaque fois, en 1933 et même en 1934 en Allemagne et en Autriche, nous n'avons pas cru possible un centième ni même un millième de ce qui allait faire irruption quelques semaines plus tard. » Et les autres pays préféreront le confort de l'indifférence: « En 1938, après l'Autriche, notre monde s'était habitué à l'inhumanité, au déni du droit et à la brutalité, comme jamais auparavant pendant un siècle. Alors qu'autrefois ce qui s'est produit dans cette malheureuse ville de Vienne aurait suffi à provoquer une condamnation internationale, en 1938 la conscience mondiale resta muette ou se borna à grogner légèrement avant d'oublier et de pardonner. » Cette Histoire, Zweig l'a vécue dans ses tripes, dans sa chair, au plus profond de son être, jusqu'à ce qu'elle le pousse au plus grand désespoir : « Au cours de ces mois, j'avais quitté Londres pour me retirer à la campagne à Bath. de ma vie, je n'avais jamais ressenti plus cruellement l'impuissance de l'être humain face au cours du monde. », avec l'issue qu'on connait. Mais Zweig c'est aussi un humaniste, un artiste (très beau passage sur Rodin au travail) et un Européen convaincu : « Quiconque a vécu cette période se souvient que les rues de toutes les villes retentissaient de clameurs d'allégresse qui saluaient en Wilson le sauveur du monde, que les soldats ennemis s'étreignaient et s'embrassaient : il n'y eut jamais autant de foi en Europe que dans ces premiers jours de paix. Car il y avait enfin une place sur terre pour le règne si longtemps promis de la justice et de la fraternité, c'était l'heure ou jamais pour qu'advienne cette Europe commune dont nous avions rêvé. L'enfer était derrière nous, qu'est-ce qui pouvait encore nous effrayer ? Un autre monde était en gestation. Et comme nous étions jeunes, nous nous disions : ce monde sera le nôtre, celui dont nous rêvions, un monde meilleur, plus humain. ». Un message plein d'espoir qui animait les gens qui avaient terriblement souffert de ces deux guerres (et je pense ici tendrement à mes quatre grands-parents) Et aussi un véritable pacifiste, « il fallait entrer en lutte contre la guerre ! ». Et ce même au plus fort de la guerre : « À présent, nous avions chacun l'obligation d'agir, chacun à sa place, chacun dans son pays, chacun dans sa langue. Il était temps de se montrer vigilant et même de plus en plus vigilant. Les forces qui poussaient à la haine étaient, du fait de leur nature inférieure, plus violentes et plus agressives que les forces de conciliation ; en outre, il y avait derrière elles des intérêts matériels, par nature bien moins scrupuleux que les nôtres. L'absurdité était visiblement à l'oeuvre et la combattre était même plus important que notre art. Je sentais le chagrin que lui causait la fragilité de toute construction terrestre, ce qui était doublement émouvant chez un homme dont l'oeuvre entière avait célébré l'immortalité de l'art. « Il peut nous consoler individuellement, me répondit-il [Romain Rolland], mails il ne peut rien contre la réalité. » Alors oui certes l'homme est bavard, imbu de lui-même et emprunt de fausse modestie. Certes il est homophobe, méprise les classes sociales moins instruites et se contente de rester dans son milieu de privilégiés. Oui, Zweig est un produit de son temps, comme nous tous. Mais il faut savoir dépasser cette première impression et entendre son avertissement : « Méfions-nous des aventuriers ». Oui, méfions-nous des aventuriers !

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jleclercq

3.50 sur 5 étoiles

• Il y a 3 ans

La dernière phrase de ce livre le résume bien. Le soleil brillait vif et plein. Comme je m’en retournais, je remarquai soudain mon ombre devant moi, comme j’avais vu l’ombre de l’autre guerre derrière la guerre actuelle. Elle ne m’a plus quitté depuis lors, cette ombre de la guerre, elle a voilé de deuil chacune de mes pensées, de jour et de nuit; peut-être sa sombre silhouette apparait-elle aussi dans bien des pages de ce livre. Mais tout ombre, en dernier lieu, est pourtant aussi fille de la lumière et seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence a vraiment vécu. Stephan Zweig analyse avec beaucoup de justesse les mutations du monde avant la première guerre mondiale et entre les deux guerres avant la guerre de 1940. Ce qui est troublant c’est que ceux qui devaient être responsables de la marche du monde n’ont pas su prévoir les changements qui se dessinaient et encore moins les accompagner par lâcheté, ou par incompétence et se sont laissés eux-mêmes enfermés dans des concepts totalement dépassés

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Sciences Humaines & Savoirs , Langues
  • EAN
    9782266275361
  • Collection ou Série
    Langues Pour Tous
  • Format
    Poche
  • Nombre de pages
    208
  • Dimensions
    179 x 110 mm

L'auteur

Stefan Zweig

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