Journal d'un exilé : Le livre de Amadou Barry
À son arrivée dans le pays des droits de l'homme, Dramé, un exilé en situation irrégulière, espère trouver un îlot de tranquillité et de répit, mais c'est la précarité, la pénurie de logements, l'impuissance des associations et l'indifférence de l'administration qui l'attendent. Il échoue en périphérie de la capitale, au milieu d'une foule d'exilés de toutes nationalités qui vivent retranchés dans un tunnel. Parmi eux, Fodié, un Ivoirien féru de livres, philosophe à ses heures, accepte de l'accueillir dans sa tente. C'est le début d'une complicité fraternelle, dans un quotidien de violence et de dénuement, que la disparition de Fodié va interrompre brutalement. Livré au tunnel et à lui-même, Dramé décide alors d'écrire l'histoire de son ami.
Amadou Barry scrute sans fard la condition de celles et ceux qu'on ne cesse de stigmatiser, et d'invisibiliser, en les qualifiant de " migrants ". À travers les tribulations de Dramé et de son frère d'infortune Fodié, il leur restitue leur pleine humanité d'exilés, en même temps qu'il interpelle le lecteur.
De (auteur) : Amadou Barry
Expérience de lecture
Avis des libraires
Avis Babelio
unlivreunreve
• Il y a 1 mois
Grâce à la Masse Critique de Babelio, j’ai eu la chance de recevoir Le Journal d’un exilé d’Amadou Barry, publié chez Julliard. Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir pu découvrir ce premier roman de l'auteur puisque j'ai beaucoup aimé ma lecture. Comme beaucoup d’entre vous le savent, la question des réfugiés et des exilés est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, aussi bien personnellement que professionnellement. Ce livre résonne donc profondément en moi. On y suit Dramé, un exilé fraîchement arrivé en France, en situation irrégulière, sans titre de séjour ni reconnaissance administrative. Il trouve un fragile refuge en périphérie de Paris, où il vit sous une tente dans un tunnel, aux côtés de Fodié, un Ivoirien passionné de littérature. Ce roman, à la fois philosophique et poignant, explore avec une grande intelligence la condition des exilés, leur invisibilité aux yeux de la société et la stigmatisation qu’ils subissent. Il offre aussi une belle réflexion sur les connaissances académiques et la place du savoir dans des vies marquées par l’errance. C’est un livre magnifique, écrit avec justesse et profondeur. Je l’ai adoré et je ne peux que vous le recommander ! #x1f4d6#x2764
Mhfasquel
• Il y a 1 mois
Un texte coup de poing, un cri du cœur, une urgence d’écrire pour ne pas sombrer dans l’oubli, pour que Fodié et ses idées ne tombent pas dans l’oubli. «#8201;Je pensais à ces exilés au bord de la folie, ces corps anéantis, ces zombies dévorés par la dépression, pourtant jugés, parfois sauvés, souvent bannis.#8201;» Journal d’un exilé d’Amadou Barry est écrit comme un témoignage à la première personne, un roman qui dépasse la simple chronique sociale, qui est une plongée brutale et nécessaire dans la condition des exilés en France. Dramé, le narrateur, espérait trouver en France un refuge, il y trouve un tunnel, lieu de survie et de désillusion, dans lequel se côtoient déracinement, violence et solidarité de fortune. «#8201;Personne ne voulait parler de son parcours ni revenir sur les agressions racistes au Maghreb ni sur les humiliations subies dans le sud de l’Europe. Était-ce par pudeur, par peur d’être jugé et condamné par les autres#8201;? Je n’ai jamais compris la raison de nos silences partagés, des silences rouillés, des non-dits corrosifs. Ici, dans ce pays qui se veut civilisé, qui le revendique, les exilés dorment dehors. Ici, les exilés vivent dans une peur permanente.#8201;» Son amitié avec Fodié, un Ivoirien érudit et philosophe, est un fil ténu d’humanité dans un univers qui broie les existences. Sa disparition brutale pousse Dramé à écrire pour lui rendre hommage et pour contrer l’invisibilisation des exilés. Dans ce texte, la littérature est une lueur vacillante dans l’obscurité. Fodié cite Kafka, Kourouma et Monénembo pour penser la condition des exilés, comme si seule la littérature pouvait «#8201;dire#8201;» l’indicible. L’ombre de L’Homme révolté de Camus plane sur ces pages : le refus du silence devient un acte de survie. «#8201;Ce matin, j’ai aussi décidé de parler#8201;», déclare Dramé, inversant l’injonction à la discrétion imposée aux sans-papiers. Amadou Barry évite le misérabilisme#8201;; il ne cherche ni à apitoyer ni à accuser, mais à montrer. Comme Joseph K. dans Le Procès, Dramé se débat dans un labyrinthe administratif absurde. Il oscille entre révolte et fatalisme dans un monde où l’exilé n’est qu’un fantôme que l’on ne veut pas voir. «#8201;Vous devez entendre nos cris, vous allez voir nos gueules. Ces gueules que vous fuyez en signant un chèque pour une association, ou une pétition. Je n’ai plus envie de me taire, et je sais que je ne suis pas le seul. Nous ne voulons plus servir de défouloir à vos politiciens en mal de popularité ni être votre souffre-douleur ni des boucs émissaires.#8201;» Un premier roman qui donne voix à ceux qu’on refuse d’entendre. #Journaldunexilé #NetGalleyFrance
Iluze
• Il y a 1 mois
Journal d’un exilé est le premier roman d’Amadou Barry. A la lecture de cet ouvrage, je me demande s’il y a des aspects autobiographiques à ce récit. Mais même si cela n’est pas le cas, la plongée est totale dans le monde des exilés politiques en France. Je me suis rapidement attaché à Dramé et à son ami Fodié qui lui partage sa tente, l’aide à trouver du boulot et lui apprend les rudiments pour vivre dans la rue. Dans le tunnel dans lequel ils vivent, on y voit de la solidarité mais également des vols, des addictions à la drogue. Ce petit microcosme est assez fascinant à suivre même si on se doute que l’issue finale ne sera pas joyeuse pour chacun d’entre eux. C’est aussi un bon moyen de voir la diversité des personnes qui y vivent. Il y a de toutes les nationalités, de tous les âges, des personnes non qualifées, non diplomées et pourtant elles finissent tous par se retrouver dans ce tunnel lugubre. Bref, même si la situation est révoltante, Amadou Barry arrive à en faire un roman humain, non larmoyant et très immersif.
Matatoune
• Il y a 2 mois
En commençant dans son prologue, à dénoncer les théories du Grand Remplacement, propagée par l’extrême droite, Amadou Barry souhaite changer le mot migrant par exilé. Il choisit de raconter l’histoire de son ami Fodié qui vient tout juste de décéder, ainsi que leur vie dans le « tunnel des oubliés « . Depuis deux ans, l’exilé Fodié attendait des papiers qu’il reçut quelque temps avant de mourir. Cet événement fait prendre la plume au narrateur, Dramé, Guineen, tout juste arrivé. Il avait toujours fui les diplômes, les livres et les intellectuels. Pourtant, Fodié, ivoirien, est un amoureux de littérature. Dramé a rencontré un solide compagnon de route. Mais Fodié lui a appris à réfléchir sur sa condition, comme de se comparer au sort de Joseph K dans Le procès de Kafka. Récit de ces échanges, aussi souvent des silences, que décrit petit à petit Amadou Barry. Amadou Barry décrit la vie dans le tunnel, où cohabitent divers groupes dans des tentes précaires. Il évoque les mineurs isolés, les dealers, ainsi que les communautés soudanaises, syrienne et rom, avec leurs faux membres. Un lieu où la solidarité n’évite pas les bagarres. Où quelques femmes y trouvent refuge. Ainsi Bibha qui pour oublier les agressions dont ailleurs elle a été victime, fut obligée de mettre en place une carapace d’urine. Un lieu d’où on arrive mais d’où on peut partir. Lieu situé aux abords d’espace non occupé, ici entre l’autoroute et une pelouse gazonnée. Le travail, il se trouve aux abords du « Carrefour Bujumbura » où les entrepreneurs peu scrupuleux viennent chercher une main-d’œuvre sans papier. Dans beaucoup d’endroits, il y a des Carrefour de cette sorte où les hommes attendent toute la journée un travail où leur force sera récompensée par quelques euros. Et puis, il y a le quartier Château Rouge à Paris, lieu de la restauration appréciée, où on retrouve souvent un peu de la chaleur maternelle du pays. Journal d’un exilé est une véritable œuvre littéraire et dépasse largement le genre du récit. À chaque page, la réflexion du narrateur sur sa position se nourrit de son expérience de vie. La souffrance, la solitude, la précarité et la violence y sont abordées sans détour mais sans aucun misérabilisme. Seulement difficile pour Amadou Barry d’avoir un regard chaleureux sur notre France et les Français puisqu’il nous confronte, avec ses réflexions, à nos propres contradictions où l’étranger a le visage de tous nos maux, nos peurs et nos inquiétudes. Une fiction à découvrir !
Avis des membres
Fiche technique du livre
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- Genres
- Romans , Roman Français
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- EAN
- 9782260056805
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- Collection ou Série
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- Format
- Grand format
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- Nombre de pages
- 256
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- Dimensions
- 207 x 143 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
21,50 € Grand format 256 pages