Mansfield Park : Le livre de Jane Austen
Fanny Princes, 10 ans, enfant miséreuse, quitte Portsmouth pour être recueillie par son oncle aisé Sir Thomas Bertram et sa famille dans leur manoir nommé Mansfield Park. Ses cousins et cousines la méprisent et lui rappellent constamment qu'elle leur est inférieure, à l'exception d'Edmund qui lui apporte un peu de réconfort et dont elle tombe secrètement amoureuse. Mais l'équilibre familial, déjà fragile, est menacé par l'arrivée de deux jeunes Londoniens, frère et soeur, Henry et Mary Crawford. Le mode de vie et les valeurs des habitants du lieu sont mis à mal. Fanny, demandée en mariage par un très bon parti, se refuse au prétendant en raison de son amour caché pour Edmund. Son tuteur entre alors dans une profonde colère, lui laissant le choix entre un mariage de raison ou un retour à sa condition misérable.Ce roman le démontre à nouveau, Jane Austen excelle dans la demi-teinte pour décrire les rapports complexes qui se tissent entre ses personnages.
De (auteur) : Jane Austen
Traduit par : Henri Villemain
Préface de : Hélène Seyrès
Expérience de lecture
Avis Babelio
chrslg
• Il y a 1 mois
J'avoue avoir du mal à saisir l'intérêt de ce roman. Il est bien écrit, c'est indéniable. Comme pour beaucoup d'œuvres anglaises (allant de Orgueil et Préjugés, à Downton Abbey, en passant par House of Cards et Agatha Christie :-)), la description de la société et de ces normes, et d'un certain standing British, de la toile de fond "Cher colonel, passons au fumoir boire un brandy pendant que ces dames prépareront le café" est une bonne partie de l'intérêt. Mais enfin, les chassés croisés amoureux pour eux-mêmes ne peuvent pas être l'intérêt du roman (on sait dès le premier chapitre comment ça va se terminer, et dès le deuxième, avec le prêt du papier à lettres, avec qui). Certains y voient une critique de la société et de ses normes trop guindées. Moui. J'ai pas eu cette impression. Il y a une critique du respect trop sévère de ces normes. Mais pas une remise en cause complète. Ni même une prétention à dire que cette sévérité est trop généralisée. Il y a une quasi-vieille fille un peu méchante qui est critiquée, mais cette critique ne porte pas sur la société entière (et sur la pièce de théâtre, c'est bien les gens guindés qui ont le bon rôle). Donc, on a l'impression que l'intérêt du roman est la romance elle-même. Et cette romance est un peu plate et courue d'avance.
TofuRosso
• Il y a 1 mois
J'ai aimé retrouver la plume grinçante de Jane Austen et ses critiques fines de la société britannique à son époque (même si certains jugements de valeur piquent les yeux). Les personnages en revanche m'ont paru assez archétypaux, surtout Fanny et la tante Norris, qui n'évoluent pas d'un iota, chacune dans leur caractère. [Spoilers]Finalement, Henry Crawford et Thomas Bertram sont les plus intéressants car ils changent au fil du livre, notamment au contact de Fanny. Comme d'autres visiblement, la romance finale Fanny-Edmond m'a déçue : pendant une bonne partie du récit, elle est "la bonne copine" qu'il laisse tomber dès que son crush est dans les parages (crush pour qui il peut balancer ses valeurs aux oubliettes), il est complètement aveugle à ce que Fanny ressent pour lui, mais à la fin tout est pardonné. Enfin, elle le place tellement sur un piédestal qu'elle ne lui en veut jamais, donc il n'y a rien à pardonner. Bref, cette conclusion m'a agacée.
l-ourse-bibliophile
• Il y a 3 mois
Comme souvent avec Jane Austen, j’ai terriblement apprécié les portraits acérés qu’elle trace au fil du roman. Hormis Fanny et Edmund, quelle belle galerie de personnages insupportables avons-nous là ! Des simples répétitions obsessionnelles, ridicules et comiques d’un Mr Rushworth aux propos suffisants, hypocrites, suintant de mépris de classe d’autres protagonistes… les paroles des uns et des autres n’auront guère cessé de me stupéfier. Cependant, la palme revient à Mrs Norris. Un nom qui parlera peut-être aux Potterheads puisqu’il s’agit du nom anglais de Miss Teigne… et j’ai compris pourquoi ! Le modèle est d’ailleurs supérieurement nocif à son homonyme félin. D’une fausseté sans égal, elle est toujours là pour tenter de tirer la couverture à elle, pour faire danser les autres sans rien donner. Cupide et manipulatrice, elle est aussi et surtout affreusement mauvaise envers Fanny, la rabaissant, l’humiliant et la maltraitant sans cesse. A contrario, je dois avouer que je n’ai pas forcément apprécié la suite de louanges sans réelle émotion à l’égard de Fanny qui apparaît bien trop grave et sérieuse, avec un côté raisonnable, respectable et bien comme il faut. En réalité, je suis partagée sur ce personnage. Au cours de ma lecture, il m’a manqué la passion et la spontanéité d’une Elisabeth Bennet, d’une Marianne Dashwood ou même d’une Emma Woodhouse, mais l’introversion de Fanny – dont le caractère se rapproche davantage de celui d’une Anne Elliot – est parfaitement compréhensible et même des plus compatibles avec son éducation et les remarques dont elle a été accablée au cours de sa vie. Elle n’a clairement pas reçu le même amour familial, les mêmes encouragements ou les mêmes libertés que les femmes précitées. Sa position, alors que tous se liguent contre elle pour lui faire épouser un homme qu’elle n’aime pas, inspire la compassion et la révolte et il est des plus réjouissant que, en dépit de son inhibition et de sa résignation, elle ose dire « non » quand c’est important et ainsi à faire preuve aux yeux de son oncle de cette « tendance à l’indépendance d’esprit qui règne si fréquemment de nos jours, y compris parmi les jeunes femmes, et qui, chez elles, est répréhensible au-delà de toute expression ». La puissance de la société patriarcale m’a frappée dans ce roman. Lady Bertram est parfaitement indolente, léthargique au milieu de la vie qui se déroule autour d’elle comme s’il lui avait été retiré tout libre-arbitre, ne cessant de se référer à son mari pour les choix les plus insignifiants tandis que celles qui écoutent leurs désirs sont violemment critiquées (d’ailleurs, l’autrice souligne avec pertinence que le traitement des hommes et des femmes diffèrent dans ces affaires : « Nous savons que le châtiment de la disgrâce publique n’est pas l’une des protections que la société accorde à la vertu, et n’accompagne pas comme il se devrait la part que joue l’homme dans une faute comme celle commise par Mr Crawford. »). Quant à Fanny, elle est présentée comme une future « épouse docile » ou comme « le vrai modèle d’une épouse parfaite, ce pour quoi j’ai [Edmund] toujours cru que vous étiez née ». La pression sociale et familiale mise sur les jeunes femmes – celle de faire un bon mariage, avec rang et fortune, le seul but possible dans la vie d’une femme – se fait de plus en plus écrasante. D’autant que, dans le cas de Fanny, ces attentes sont compliquées par le sentiment de reconnaissance envers son oncle et sa tante qui l’ont sortie de son milieu pauvre et éduquée. (Si j’ai été surprise d’y trouver l’évocation d’un divorce – aux conséquences certes peu heureuses pour la partie féminine du couple –, j’ai été également atterrée par le ridicule d’une scène dans laquelle Miss Crawford se pose en petite chose fragile s’étant imprudemment exposée à l’air extérieur au péril de sa santé pour qu’Edmund la prie et la supplie de ne plus jamais recommencer. J’étais ébahie par la stupidité de l’échange.) L’ironie de Jane Austen est toujours efficace et ses portraits redoutablement caustiques. Même si je n’ai pas eu la même accroche immédiate et sans concession qu’avec d’autres romans de l’autrice, j’y ai néanmoins trouvé un récit tout à fait intéressant et touchant. La fin est expédiée un peu rapidement, mais, celle-ci étant prévisible dès le début, cela ne m’a pas tant dérangée que cela.
Avis des membres
Fiche technique du livre
-
- Genres
- Classiques et Littérature , Littérature Classique
-
- EAN
- 9782352879947
-
- Collection ou Série
- Collectors
-
- Format
- Poche
-
- Nombre de pages
- 561
-
- Dimensions
- 178 x 110 mm
Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.
8,50 € Poche 561 pages