L'homme qui rit : Le livre de Victor Hugo

Poche

Pocket

0 personnes ont réagi

Angleterre, fin du XVIIe. Un jeune lord est enlevé par une troupe de brigands et mutilé, la bouche fendue jusqu'aux oreilles. Abandonné durant une nuit d'hiver, l'enfant trouve refuge auprès d'un philosophe ambulant et devient saltimbanque, parcourant les routes et haranguant les foules aux côtés de son nouveau protecteur. C'est le début de quinze années d'errance pour celui qu'on surnommera, en référence à son visage défiguré, " l'Homme qui rit ".
Mais, derrière ce sourire forcé, se cache une âme révoltée par l'arrogance de la noblesse...

De (auteur) : Victor Hugo

Fermer
 

Expérience de lecture

Avis Babelio

Pixel_Noctis

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 4 semaines

J'ai mis un certain temps à lire "L'Homme qui Rit". Mais encore une fois, et je n'ai pas énormément lu de Hugo, encore une fois j'ai été ébahi sinon même plus qu'epoustouflé par ce monstre de la littérature française, qui dans cette œuvre nous embarque outre-manche en pleine Angleterre du XVIIIème siècle, mais il a aussi de sérieuses et solides connaissances chez les autres peuples européens. Bref, une fois de plus, Victor Hugo m'a conquis par sa prose où chaque phrase, chaque métaphore et autres comparaisons, pourraient faire l'œuvre d'une citation sur Babelio... en général je m'autorise trois citations par livre mais avec Hugo rien n'est jamais acquis quand il s'agit de récit littéraire si poétiquement bien imbriqué par sa fluidité. J'ai du poster quatre ou cinq citations et encore je me suis retenu. "L'Homme qui Rit" n'est peut-être pas le roman le plus connu et le plus emblématique de Victor Hugo, mais on ne l'on ressort pas indemne. Seul point négatif dans l'édition que je possède est l'introduction du roman écrite par Pierre Albouy... je trouve qu'elle est d'un style un peu pompeux et gâche un peu la lecture du récit en donnant beaucoup trop de détails et de réflexions. Mais rien de bien grave en soi.

Signaler

germ1tor

4.50 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Écrite à Guernesey en 1869, L’homme qui rit est une œuvre grandiose et baroque par excellence. Dès les premiers chapitres, j’ai été littéralement saisi par la puissance du récit. Victor Hugo y a jeté toute sa fougue, son talent et son ardeur. Il en vient par moments à multiplier les digressions, cependant le plaisir de la langue prédomine et le désir du lecteur d’aller de l’avant dans cette aventure anglaise du XVIIème l’emporte haut la main. Les descriptions frappent l’imagination et font naître des images évocatrices: la scène magnifique de la tempête emportant les Comprachicos (aussi sublime que celle des Travailleurs de la Mer), la vie provocante des riches lords, les représentations foraines et tant d’autres sont des exemples d’incroyables tableaux, d’une force d’écriture inégalable. Avec des substantifs, des adjectifs qui se font écho, les phrases sont rythmées, équilibrées, balancées par des contrastes de toutes sortes: contrastes de lumière, de matériau, d’émotion, de caractère, de sentiment…Cela procure un relief incomparable au récit. Chaque page regorge de formules limpides, souvent caustiques, qui portent à réflexion. Ce roman est un véritable réservoir de citations et reflète en cela toute la verve de Victor Hugo. Il s’est fait plaisir avec L’Homme qui rit; j’ai humblement cette impression. Autre aspect amusant, on apprend beaucoup au travers d’anecdotes historiques, géographiques, linguistiques (j’ai aimé et noté: bowling-green: boulingrin; can-al-pie:canapé) qui expliquent l’interpénétration des cultures anglaise et française. Ce roman est tout à la fois: un drame romantique, un texte politique engagé, une réflexion philosophique. Le drame, c’est celui d’un jeune garçon nommé Gwynplaine enlevé par ordre du Roi afin d’être défiguré par un sourire éternel. Un immense gouffre lui servant de sourire traverse son visage d’une oreille à l’autre. Dans son malheur, il recueille Dea, une petite fille aveugle d’un an. Par la suite, il croise la route de Ursus, misanthrope et philosophe, et de Homo, son loup, qui à leur tour prendront ces deux pauvres enfants sous leurs ailes. À eux quatre, ils forment une troupe de saltimbanques, connus sous le nom Green box, parcourant l’Angleterre miséreuse. Le destin de Gwynplaine bascule le jour où Ursus décide d’amener son clan à Londres pour représenter Chaos vaincu, leur pièce de théâtre. Cependant, la véritable identité de Gwynplaine le rattrape et la mécanique dramatique soigneusement préparée se met en marche. Le cri politique, c’est celui de l’auteur qui dénonce la misère sociale. C’est une charge féroce contre la royauté, le roi, ses seides aristocrates et leurs outrances. C’est un réquisitoire implacable contre l’arbitraire d’un système inique qui asservit les plus pauvres au profit des monarques et pairs d’Angleterre, s’accaparant de droit divin, argent, travail, jusqu’au sang du soldat. A cet égard, la scène du discours improvisé de Gwynplaine à la Chambre des Lords où il défend la cause du peuple devant les Pairs goguenards du Royaume est émouvante, édifiante et terriblement cruelle. L’appel à la philosophie, c’est celui d’Ursus. Compte tenu de l’état politique et social, il faut savoir se contenter de ce qu’on est: « Satisfactions qui doivent suffire à ceux qui n’ont rien ». Le péché d’orgueil de Gwynplaine lui fait déroger deux fois de façon infime (il est tenté un instant par Josiane et ensuite par la fortune et les titres de Lord) au précepte du bon et lucide Ursus. Reste le thème de l’amour transcendé entre la belle Dea et la bête Gwynplaine. «Le crapaud et la taupe, idylle.» Comme le dit Ursus. La belle est aveugle. La bête est défigurée. Deux belles âmes innocentes au destin tragique. Ce sont deux coeurs qui s’aiment soumis à l’arbitraire d’une double justice: celle des Pairs et celle de Dieu. L’Homme qui rit est un monstre mais où se situe la monstruosité? Chez Gwynplaine le défiguré ou la belle Josiane? Dans la générosité du démuni ou la gabegie du nanti? Je suis profondément marqué par cette lecture, subjugué par sa substance. Une lecture où il ne faut pas hésiter à reprendre la réflexion quelques lignes au dessus. Relire n’a rien d’exigeant, c’est même agréable avec ce texte si profond sur la nature humaine, si rempli de sens, d’astuces et de raisonnements critiques. Tout est logique et limpide. Victor Hugo signe là un fabuleux roman.

Signaler

jaspergarp

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 1 mois

Alors que j’étais gamin, et à la suite de la diffusion d’un téléfilm d’après l’œuvre de Victor Hugo, j'ai longtemps cauchemardé sur l'image de l’homme qui rit. Quoi de mieux que de découvrir cette histoire en rentrant dans ce roman pour sortir de la vision de cet enfant puis de ce jeune homme monstrueusement mutilé. L’histoire : fin du 17° siècle en Angleterre, Gwynplaine est recueilli par Ursus , philosophe qui voyage de ville en ville dans une roulotte. Gwynplaine a été abandonné par des Comprachicos (qui kidnappent, mutilent et vendent les enfants). La bouche de Gwynplaine a été agrandie jusqu’aux oreilles lui laissant ainsi un horrible et définitif sourire. Devenu adulte, Gwynplaine participe au succès de la troupe de théatre qu’Ursus a monté. Mais en kidnappant Gwynplaine, les Comprachicos n’ont pas kidnappé n’importe quel enfant. C’est pourquoi devenu adulte, il devra choisir entre un statut enviable et l’amour. Ce roman est sublime, riche, politique, historique et philosophique. Sans oublier qu’il s’agit aussi d’une belle et pure histoire d’amour entre Gwynplaine et Dea.

Signaler

Lydia4

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 3 mois

L'homme qui rit de Victor Hugo m'a vraiment retournée, émue, intéressée, percutée enfin, à la sortie de ma lecture le 19 novembre, j'ai été incapable d'écrire mon ressenti. Le style est flamboyant, poétique et foisonnant. Je me suis laissé emportée par cette écriture extraordinaire de Hugo. Dans ce livre, Hugo fait de nombreuses descriptions érudites, que ce soit sur la hiérarchie dans la noblesse anglaise (lords, pairs, etc), l'architecture ou encore la navigation. On pourrait penser que ces digressions sont ennuyeuses et superflues mais je pense plutôt qu'elles donnent au roman un souffle particulier. L'homme qui rit c'est Gwynplaine, défiguré lorsqu'il était enfant et abandonné à 10 ans par les voleurs d'enfants qui ont imprimé sur son visage un rire grotesque qu'il ne pourra jamais effacer. Ses tortionnaires doivent quitter l'Angleterre par la mer et laissent l'enfant seul alors qu'il neige. Il doit marcher dans la neige, le froid et le vent dans un paysage hostile. Il est seul. Il rencontre un gibet avec les restes du condamné et plus loin une femme morte avec un petit bébé de 9 mois qu'il amène avec lui. Avec la petite fille, Gwynplaine recherche un abri. Après avoir frappé à toutes les portes, il se trouve devant la cahute de Ursus (ours), un saltimbanque accompagné d'Homo (Homme) qui est un loup. Ursus récupère les enfants et nomme la petite Déa. Elle est aveugle. Ce quatuor va se produire dans toute l'Angleterre et jouera les pièces écrites par Ursus. Gwynplaine y apparaît et on le connaît sous le nom de l'homme qui rit. Déa joue avec lui. 15 ans plus tard ils s'aiment, d'un amour pur. L'un ne peut plus vivre sans l'autre. Pourtant, Gwynplaine sera tenté de sortir de sa condition pour récupérer son statut de pair d'Angleterre. Il pense pouvoir convaincre les lords de l'importance de lutter contre la misère plutôt que d'accumuler les richesses... Les lords rient ! Gwynplaine fait un pladoyer magnifique pour le peuple et contre l'aristocratie mais il est l'homme qui rit et même s'il est le fils d'un pair, il a grandi avec des misérables. Ce roman a des aspects poétiques, philosophiques, historiques et politiques. Hugo encore une fois évoque la misère qui opprime les êtres humains, la richesse liée au pouvoir qui corrompt ces aristocrates qui ne tiennent leurs privilèges que par leur naissance et non de leurs savoirs ou vertus. Ils sont inutiles et oisifs. Mais Hugo parle aussi de démocratie face à un pouvoir monarchique ou de la révolution espérée mais aussi redoutée. Un grand roman de Victor Hugo. Il faut un certain temps avant d'en sortir tellement il est marquant. J'ai bien envie de relire cet auteur.

Signaler

Livres du même auteur

Les livres de la même maison

Fiche technique du livre

  • Genres
    Classiques et Littérature , Littérature Classique
  • EAN
    9782266300186
  • Collection ou Série
    Littérature - Classiques
  • Format
    Poche
  • Nombre de pages
    768
  • Dimensions
    179 x 109 mm

L'auteur

Victor Hugo

Découvrir l'auteur

Nous sommes ravis de vous accueillir dans notre univers où les mots s'animent et où les histoires prennent vie. Que vous soyez à la recherche d'un roman poignant, d'une intrigue palpitante ou d'un voyage littéraire inoubliable, vous trouverez ici une vaste sélection de livres qui combleront toutes vos envies de lecture.

4,90 € Poche 768 pages