Interview
"Il me fallait respecter l'ADN du Bureau des Légendes en offrant une image réaliste du travail de la DGSE." Thomas Cantaloube
Publié le 26/07/2024 , par Fleuve éditions
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Le 29 août 2024, Fleuve Éditions publiera le spin-off officiel d’une série française emblématique sur le milieu de l’espionnage : Le Bureau des Légendes. Un projet ambitieux porté par la plume de Thomas Cantaloube, et dont il nous parle en avant-première…
1/ Votre polar nous entraîne au cœur du Service Action de la DGSE, un service bien particulier auquel appartient votre personnage central : Yannick Corsan. Est-ce que vous pourriez, pour commencer, nous dire quelques mots sur lui, son histoire, son parcours ?
Le capitaine Yannick Corsan a trente-cinq ans, un âge où, au sein de forces spéciales, on commence à se demander s’il ne vaudrait pas mieux se retirer pour des activités plus « tranquilles ». D’autant que Corsan se remet difficilement d’une profonde blessure : la mort accidentelle de sa femme lors d’une sortie en mer. Au début des Mouettes, il se trouve donc à un point charnière de sa carrière, où même ses supérieurs doutent de lui.
2/ Les Mouettes, c’est une intrigue haletante et bien ficelée qui nous chahute entre Paris, la Serbie et le désert du Sahel, mais pas seulement. En effet, c’est avant tout un accès direct au monde de l’espionnage, à un quotidien hors norme régi par le secret et porté par des valeurs fortes. Qu’est-ce que tout cela vous a inspiré ?
Les gens qui connaissent bien les membres des Mouettes (le Service Action de la DGSE) ont coutume de dire qu’il s’agit de gens ordinaires qui font un métier extraordinaire. Ils sont généralement la solution de dernier recours lorsque la France a besoin d’effectuer une mission difficile qui ne pourra jamais être rendue publique. Le secret n’est pas seulement la condition de réussite de leurs missions, il en est l’essence même. Une mission réussie, c’est une mission dont on ne parlera jamais. Il ne faut donc pas chercher les honneurs ou la reconnaissance lorsqu’on appartient aux Mouettes.
3/ Finalement, ce roman est une fiction passionnante de vérité et d’actualité qui, j’imagine, a été nourrie par votre expérience de grand reporter. Avez-vous, par ailleurs, eu besoin de creuser des sujets en particulier avant de vous lancer dans l’écriture ?
Je connaissais déjà le Sahel et les Balkans pour y avoir effectué des reportages, de même que les situations de conflits pour avoir traîné mes guêtres en Irak, en Afghanistan et en Libye. Au-delà de ces guerres, ce qui m’intéressait, c’était de travailler sur des situations que l’on pourrait qualifier de permanentes : les routes des contrebandiers au Sahel qui sont devenues celles de djihadistes, les difficultés politiques liées aux interventions militaires françaises en Afrique à toutes les époques, la complexité des prises de décision au sein des services secrets pouvant entraîner la mort à chaque instant… De plus, il me fallait respecter l’ADN du Bureau des Légendes en offrant une image réaliste, pas du tout fantasmée, du travail de la DGSE. Pour cela, j’ai rencontré des membres actifs et retraités des services secrets qui m’ont raconté ce qu’ils voulaient bien me raconter, c’est-à-dire une infime partie de ce qu’ils savent…
4/ Et pourquoi ce titre : Les Mouettes ?
Il s’agit du nom que se donnent les membres du Service Action de la DGSE. Jusqu’à présent, c’était un surnom secret que personne ou presque ne connaissait. Il s’est imposé durant l’écriture, notamment en raison de son pouvoir d’évocation, et parce qu’il se prête bien au titre d’une série.